
La ceinture de sécurité fait partie de ces progrès qu’on ne remet presque plus en question. Depuis des décennies, elle incarne l’un des plus grands succès de la sécurité routière. Pourtant, une étude Ifop met en lumière une réalité plus contrastée : l’adhésion est massive, mais l’usage n’est pas encore universel, surtout à l’arrière et sur les trajets courts.
Selon une étude menée conjointement par Volvo et Ifop, 96 % des Français affirment aujourd’hui que mettre leur ceinture de sécurité est devenu un réflexe. Une très large majorité se dit favorable à son port obligatoire, et neuf conducteurs sur dix déclarent l’attacher systématiquement. Plus de cinquante ans après son adoption progressive, la ceinture apparaît comme un acquis solide : elle est intégrée aux habitudes et acceptée par tous ou presque.
L’étude met en évidence une évolution culturelle profonde. Dans les années 1970, lorsque le port de la ceinture devient obligatoire, seuls 65 % des Français y étaient favorables. Aujourd’hui, ils sont 95 % à soutenir cette obligation, et 91 % des conducteurs déclarent la respecter systématiquement. Avec le temps, ce qui ressemblait à une règle imposée est devenu une habitude du quotidien : on boucle sa ceinture dès qu’on s’installe, souvent sans même y penser.
Malgré cette adoption massive, la ceinture n’est pas portée partout, tout le temps. Plus d’un Français sur cinq reconnaît ne pas l’attacher systématiquement à l’arrière, alors même que l’obligation remonte à 1990. Comme si l’arrière donnait une fausse impression de protection.
Les trajets courts sont un autre moment où certains se relâchent, tout comme des situations spécifiques comme les déplacements en taxi ou VTC, où le port de la ceinture est moins respecté. Au fond, ces écarts ressemblent moins à un rejet de la règle qu’à une hiérarchie implicite du risque : certaines places ou certains trajets sont perçus comme “moins dangereux”. À tort.
Autre point marquant : ce relâchement coexiste avec une conscience très nette du danger. Plus de 80 % des Français estiment qu’un trajet court sans ceinture est tout aussi risqué qu’un long. Une même proportion déclare aussi se sentir en insécurité sans être attachée. Et 83 % affirment vérifier que tous les passagers ont bouclé leur ceinture avant de démarrer.
Le problème ressemble donc à un automatisme contextuel : parce que la ceinture est devenue une norme très largement admise, certains la “zappent” dans des situations qu’ils jugent moins critiques.
Ce paradoxe pourrait toutefois s’atténuer avec la présence de plus en plus systématique des systèmes de détection des passagers et des alertes de ceinture de sécurité (signaux visuels et/ou sonores), conçus pour encourager le bouclage, y compris chez les plus réticents.
La ceinture de sécurité a clairement gagné la bataille des mentalités : elle fait désormais partie du décor, du réflexe, de la normalité. Mais l’étude rappelle qu’il reste des angles morts — l’arrière, les trajets courts, certains contextes — où l’habitude se fissure. À mesure que les systèmes d’alerte se généralisent, l’enjeu est simple : transformer ce réflexe majoritaire en geste vraiment systématique, quel que soit le trajet.
96 % des Français affirment que mettre la ceinture de sécurité est devenu un réflexe.
95 % des Français soutiennent l’obligation du port de la ceinture de sécurité.
Plus d’un Français sur cinq reconnaît ne pas attacher systématiquement la ceinture de sécurité à l’arrière.

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