
Un nouveau panneau routier fait polémique depuis quelques mois. Son objectif affiché : pousser les conducteurs à mieux respecter les distances de sécurité, grâce à un dispositif mêlant radars, caméras et intelligence artificielle. Problème : beaucoup d’usagers y voient une mesure difficile à appliquer au quotidien — et potentiellement risquée.
Quand un nouveau panneau débarque, l’idée est en général simple : clarifier les règles et améliorer la sécurité. Sauf que certains arrivent en semant la confusion — et celui-ci en est un bon exemple.
Concrètement, il s’agit d’un panneau rectangulaire à fond bleu. À l’intérieur, on voit une voiture, un camion et un motard. À gauche, un panneau rond entouré de rouge sur fond blanc affiche deux silhouettes de voitures et l’inscription « 70m ». Entre les deux, un pictogramme de type radar suggère qu’une distance est mesurée et contrôlée.
Ce panneau, identifié comme S991f, est apparu ces derniers mois sur des autoroutes et voies express en Espagne. L’intention : prévenir d’un risque de collision quand la distance de sécurité de 70 mètres n’est pas respectée entre deux véhicules.
Sur le papier, on part d’un bon sentiment. Mais dès l’arrivée du système, motards, automobilistes et chauffeurs de poids lourds ont vivement critiqué le dispositif : la distance serait calculée par l’intelligence artificielle via caméras et radars.
Et si la distance n’est pas respectée, le conducteur s’expose à un PV de 200€ et à quatre points retirés sur le permis de conduire.
Sur le terrain, plusieurs usagers expliquent qu’ils n’ont tout simplement aucun moyen de mesurer précisément 70 mètres en temps réel en conduisant, puisqu’aucun équipement dans leur véhicule ne le permet.
Face à ces critiques, la Direction générale du trafic espagnole (DGT) écarte l’argument, tout en recommandant une vieille méthode : la règle des « deux secondes », jugée empirique et peu fiable.
Le principe est connu : garder au moins deux secondes d’écart avec le véhicule devant soi. Sauf que cette “astuce” est décrite comme problématique, car elle peut provoquer des freinages brusques — et donc augmenter le risque de situations accidentogènes.
Autre angle soulevé : des avocats spécialisés rappellent qu’en cas de recours par un automobiliste sanctionné, il pourrait être très compliqué pour les autorités de prouver de façon infaillible que le conducteur était bien à moins de 70 m du véhicule qui le précédait au moment exact du flash ayant déclenché la contravention.
Entre promesse de sécurité et critiques sur l’applicabilité réelle, ce panneau cristallise un débat moderne : jusqu’où peut-on automatiser le contrôle sur la route sans créer de nouvelles zones de stress (ou de danger) pour les conducteurs ? Une chose est sûre : avec l’essor des systèmes de surveillance “intelligents”, la discussion ne fait que commencer.
Un PV de 200€ et quatre points de retrait sur le permis de conduire.
70 mètres.
La distance est calculée par l’intelligence artificielle via des caméras et des radars.

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