
Une fraude massive au Système d’immatriculation des véhicules (SIV) frappe actuellement de nombreux garages français. Le scénario est glaçant : des pirates récupèrent les accès professionnels, éditent des cartes grises de façon frauduleuse, et ce sont ensuite les garages — pourtant victimes — qui se retrouvent à devoir répondre aux demandes de paiement.
La Fédération Nationale de l’Automobile (FNA) explique, après un sondage auprès de ses adhérents, que 66 piratages d’accès au SIV auraient été recensés ces dernières semaines. À l’échelle de ces certificats, le montant total représenterait plus de six millions d’euros de taxes non payées… que l’administration fiscale réclame aux garages concernés.
Pour la FNA, le cœur du problème est la sécurité des accès. Bruno Choix, président de la branche maintenance et vente de la FNA, décrit une situation devenue quotidienne : des garages les contactent sans arrêt parce qu’ils découvrent qu’on a utilisé leur compte à leur place.
Il demande la mise en place en urgence d’une authentification renforcée : une double authentification, “comme c’est la norme avec un compte bancaire”, plutôt qu’un simple code à 4 chiffres. Il évoque aussi un mécanisme de protection simple : bloquer les immatriculations quand le volume de demandes devient anormalement élevé.
Le chiffre donne le vertige : jusqu’à 980 certificats auraient été édités de manière frauduleuse sur un seul compte, en une seule nuit.
Les véhicules concernés seraient “surtout des voitures d’occasion” qui réalisent leur première immatriculation en France et qui devraient souvent payer un malus CO2 élevé. Autrement dit, ces dossiers peuvent concentrer beaucoup de taxes — ce qui explique pourquoi l’addition grimpe si vite.
Sur le terrain, l’incompréhension et la colère montent. Un garagiste vendéen raconte un cas frappant : alors que son garage n’avait fait qu’une seule carte grise sur le mois de décembre, 544 auraient été éditées en deux jours via son compte. Il explique avoir été alerté par sa banque à cause d’une demande de prélèvement de 124 219 €.
Et le plafond semble encore plus haut : une somme record de 830 000 € aurait été réclamée par les services de l’État à un seul garage, lui aussi victime de faux SIV.
La FNA indique avoir obtenu un rendez-vous avec le Ministère de l’Intérieur pour discuter du problème et des solutions. En attendant, l’organisation dit accompagner les garages dans leurs démarches, qui peuvent inclure :
Signalement immédiat à la préfecture, suspension de l’habilitation, dépôt de plainte, opposition bancaire sur les prélèvements, et réclamation auprès de la DDFIP compétente pour déclencher un délai de suspension de six mois des procédures de recouvrement.
Côté revendications, la FNA réclame notamment : la sécurisation effective de l’accès au SIV (authentification renforcée, détection des anomalies, alertes automatiques), la suspension immédiate des prélèvements fiscaux indus visant les professionnels victimes, et le lancement d’un audit des immatriculations suspectes pour rétablir la fiabilité du système.
Cette fraude montre à quel point une faille d’accès peut se transformer en catastrophe financière pour des professionnels qui n’ont rien demandé. Si la sécurité du SIV se renforce rapidement — et si les victimes sont mieux protégées face aux prélèvements indus —, c’est toute la chaîne de confiance autour des immatriculations qui peut être restaurée.
66 piratages d’accès au SIV auraient eu lieu ces dernières semaines.
830 000 € auraient été réclamés à un seul garage, victime de faux SIV.
Jusqu’à 980 certificats auraient été édités sur un seul compte en une seule nuit.
En filigrane, une confiance retrouvée ouvre d’autres horizons: vivre le rêve automobile. La Porsche 911 s’envisage en LOA ou LLD, avec garanties et achat à distance sécurisés, via Joinsteer.

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