
En France comme partout en Europe, l’essence vendue en station-service provient souvent des mêmes cuves partagées par plusieurs distributeurs. Shell, BP, Esso, TotalEnergies ou les grandes surfaces, est-ce vraiment différent ? Pas tant que ça. Les vraies variations viennent surtout des additifs injectés à la sortie des dépôts. Et ces additifs n’auraient pas les super-pouvoirs vantés par l’industrie, d’après le patron espagnol d’un réseau low-cost de carburant à petit prix en Espagne.
Il y a deux camps, clairement. Ceux qui jurent par les carburants « premium » d’une grande marque en station-service, et ceux qui, par budget serré ou par scepticisme face à un prix jugé démesuré pour peu d’effets, préfèrent aller en grande surface ou chez des enseignes plus discrètes. Le choix du carburant reste ultra personnel pour les automobilistes: convictions, pouvoir d’achat (voir aussi notre article sur l’E85, une alternative économique), proximité de la pompe et… promesse de qualité. Chacun optimise à sa façon son plein au quotidien. Mais la différence est-elle réelle entre un sans-plomb de cuve Carrefour et celui estampillé TotalEnergies ou Shell ?

L’un de mes contacts, ex-employé dans le pétrole du côté de Berre (13), me rappelait que l’essence achetée à la pompe est globalement la même partout, qu’elle sorte d’une station de marque ou d’Intermarché, Leclerc ou Carrefour. Et pour cause: les livraisons proviennent de cuves communes en périphérie des sites pétroliers. Dans la région, cela concerne notamment la Mède et les installations autour de l’étang de Berre où nous nous trouvions, un schéma logistique banal mais méconnu.
Pour les Bouches-du-Rhône et les départements voisins, c’était bel et bien la réalité. Petite particularité toutefois: si Shell, BP, Esso et consorts se ravitaillaient par pipeline depuis Berre comme les supermarchés, TotalEnergies gérait ses propres chaînes logistiques et ne distribuait pas son carburant aux autres. Pour autant, est-ce foncièrement différent ? Oui, mais à la marge. Si peu que cela ne changera strictement rien pour votre véhicule, à court comme à long terme, dans un circuit très maîtrisé et peu visible du grand public.
Le carburant de base que l’on trouve chez Shell, Avia, Esso ou en grande surface est identique. Ce qui change chez certaines grandes marques, c’est la « recette » d’additifs ajoutée. Les pétroliers développent en effet des gammes d’additifs absentes chez Carrefour, Leclerc et consorts. V-Power (Shell), Excellium (TotalEnergies)… ces cocktails, parfois appelés « diesel plus » ou « gazole amélioré », revendiquent surtout un effet détergent capable, en théorie, de nettoyer injecteurs, chambres et suies issues de la combustion, avec parfois des promesses de longévité et même de consommation en baisse. À la sortie des cuves, tout le monde puise le même produit; puis, avant le chargement camion, les additifs sont injectés par métrologie, selon la formule maison de chaque distributeur. C’est là que naissent les offres « premium » et les argumentaires marketing différenciants.
Ces additifs « miracles » ? José Rodríguez de Arellano, patron de Plenergy, les balaie d’un revers de main. Pour lui, « c’est le grand mensonge ». Son réseau achète l’additif recommandé par Exolum, explique-t-il, « mais il ne sert à rien ». Ils l’utilisent parce que « les gens le trouvent bon », pas parce qu’il prouve une supériorité mesurable. Il s’interroge: pourquoi aucun organisme indépendant n’a montré qu’un carburant faisait mieux qu’un autre ? Selon lui, « l’additif n’est pas important pour le moteur ». Le vrai problème, dit-il, c’est la hype: tout le monde parle d’additifs. S’ils avaient une valeur tangible, « les dirigeants l’auraient déjà dit » via une étude indépendante capable de démontrer des kilomètres supplémentaires. À ses yeux, « c’est un fantasme qui perdure », dans un pays où l’on croit à des essences différentes… alors qu’elles sortent des mêmes cuves. Une prise de position tranchée, logique pour un acteur à bas prix qui ne mise pas sur ces additifs au quotidien, vraiment.
La question revient souvent chez les automobilistes : le diesel premium ou l’essence premium vaut-il son surcoût par rapport au carburant classique distribué en grande surface ? Les avis sur le gasoil premium divergent selon les profils. Pour un usage quotidien en ville et sur route, les organismes de contrôle technique n’ont jamais démontré de différence mesurable sur l’usure moteur entre un carburant standard et un produit premium. En revanche, sur des motorisations très sollicitées (conduite sportive, remorquage régulier), certains mécaniciens observent un léger mieux au niveau de l’encrassement des injecteurs, sans que cela justifie un écart de prix de 5 à 15 centimes par litre.
Pour déterminer quel gasoil choisir ou quelle essence privilégier, le critère le plus pertinent reste la conformité aux normes européennes EN 228 (essence) et EN 590 (diesel). Tout carburant vendu en station-service en France respecte ces normes, que ce soit chez un distributeur premium ou en grande surface. Si vous hésitez à payer davantage, sachez également qu’un bidon de réserve bien stocké reste un réflexe plus utile qu’un carburant "amélioré" pour éviter la panne sèche.
Le gazole standard et le gazole premium partagent la même base pétrolière, conforme à la norme EN 590. La seule différence réside dans les additifs détergents ajoutés au carburant premium, censés améliorer le nettoyage des injecteurs. Les tests indépendants n’ont toutefois pas démontré d’avantage significatif pour un usage courant.
Aucune marque ne se distingue objectivement comme fournissant le meilleur carburant diesel ou essence. Toutes les stations françaises distribuent un produit conforme aux mêmes normes européennes. Ce qui varie, ce sont les additifs propriétaires (V-Power chez Shell, Excellium chez TotalEnergies), dont l’efficacité réelle n’a pas été prouvée par un organisme indépendant à ce jour.
Pour un véhicule diesel standard, le gasoil classique EN 590 vendu en grande surface est parfaitement adapté. Pour les moteurs récents à injection directe haute pression, certains constructeurs recommandent un carburant additivé, mais cette recommandation reste non obligatoire. L’important est de respecter le type de carburant indiqué sur la trappe à carburant (B7, B10, XTL).
Oui, il est parfaitement possible de mélanger du diesel classique et de l’Excellium dans le même réservoir. Les deux carburants respectent la même norme EN 590 et sont compatibles entre eux. L’Excellium contient simplement des additifs détergents supplémentaires, qui se diluent dans le mélange sans risque pour le moteur ni pour le système d’injection.
Le gasoil premium est principalement distribué dans les stations des grandes enseignes pétrolières : TotalEnergies (Excellium Diesel), Shell (V-Power Diesel), BP (Ultimate Diesel) et Esso (Synergy Diesel). Les stations de grandes surfaces (Leclerc, Carrefour, Intermarché) ne proposent généralement pas de version premium. Le site prix-carburants.gouv.fr permet de localiser les stations par type de carburant disponible.

Journaliste auto (et un peu vélo aussi). Passionné par l’innovation, l’industrie et l’environnement, mais surtout par tout ce qui fait avancer la mobilité, concrètement, aujourd’hui.
Le carburant de base est identique dans les deux cas et répond aux mêmes normes européennes, EN 228 pour l'essence et EN 590 pour le diesel. La seule différence documentée porte sur les additifs détergents injectés à la sortie des dépôts, pour un surcoût de 5 à 15 centimes par litre.
| Critère | Carburant de grande surface | Carburant premium de marque |
|---|---|---|
| Carburant de base | Identique, issu des mêmes cuves | Identique, issu des mêmes cuves |
| Norme applicable | EN 228 (essence) / EN 590 (diesel) | EN 228 (essence) / EN 590 (diesel) |
| Additifs détergents | Formulation de base | Formulations propriétaires : V-Power, Excellium, Ultimate, Synergy |
| Surcoût au litre | Référence | 5 à 15 centimes |
| Bénéfice moteur démontré par un organisme indépendant | Sans objet | Aucun à ce jour |
| Enseignes concernées | Leclerc, Carrefour, Intermarché | TotalEnergies, Shell, BP, Esso |
| Compatibilité entre les deux | Totale : les carburants peuvent être mélangés dans le même réservoir | |
Le carburant premium est un carburant standard auquel le distributeur ajoute, avant le chargement des camions, une formulation d'additifs détergents qui lui est propre. V-Power chez Shell, Excellium chez TotalEnergies, Ultimate chez BP ou Synergy chez Esso désignent ces recettes maison. La base pétrolière, elle, sort des mêmes cuves que celle vendue en grande surface : dans la région de l'étang de Berre par exemple, les stations de marque comme les supermarchés se ravitaillent par pipeline depuis les mêmes installations, seul TotalEnergies gérant ses propres chaînes logistiques.
Non, pas dans sa composition de base. L'essence vendue chez Leclerc, Carrefour ou Intermarché provient des mêmes cuves que celle distribuée par Shell, BP ou Esso, et respecte la même norme EN 228. Ce qui diffère, ce sont uniquement les additifs ajoutés en aval par certains pétroliers. Pour José Rodríguez de Arellano, patron du réseau espagnol Plenergy, ces additifs relèvent du « grand mensonge » : son propre réseau achète l'additif recommandé par Exolum parce que « les gens le trouvent bon », tout en estimant qu'« il ne sert à rien ». Il souligne qu'aucun organisme indépendant n'a démontré la supériorité d'un carburant sur un autre.
Pour un usage courant en ville et sur route, non : aucun organisme de contrôle n'a démontré de différence mesurable sur l'usure moteur entre un carburant standard et un produit premium. Le surcoût de 5 à 15 centimes par litre représente pourtant 3 à 9 € sur un plein de 60 litres, soit potentiellement plus de 200 € par an pour un automobiliste faisant un plein hebdomadaire. Le calcul ne s'inverse que dans des cas de figure marginaux : sur des motorisations très sollicitées, en conduite sportive ou en remorquage régulier, certains mécaniciens observent un léger mieux au niveau de l'encrassement des injecteurs — sans que cela suffise à justifier l'écart de prix. Réduire sa consommation reste un levier plus efficace : c'est aussi le sens de la réglementation sur le moteur tournant à l'arrêt, désormais sanctionné de 135 € d'amende près des écoles.
Le seul argument technique avancé par les pétroliers est l'effet détergent : les additifs sont censés nettoyer les injecteurs, les chambres de combustion et les dépôts de suies, avec des promesses secondaires de longévité et de consommation en baisse. Certains constructeurs recommandent d'ailleurs un carburant additivé sur les moteurs récents à injection directe haute pression, mais cette recommandation n'a jamais de caractère obligatoire. En dehors de ce cas précis, la motivation relève davantage de la préférence personnelle que d'un bénéfice mesuré. La question du carburant se pose différemment selon les motorisations, comme le montre le retour d'un moteur essence profondément revu sur le Citroën Berlingo.
L'écart constaté se situe entre 5 et 15 centimes par litre selon les enseignes et les régions. Le comparateur officiel prix-carburants.gouv.fr, édité par le ministère de l'Économie, permet de vérifier les tarifs réels station par station et par type de carburant. C'est le seul moyen fiable de mesurer l'écart local, celui-ci variant fortement d'un département à l'autre.

De l'achat, à la revente, au financement, en passant par les derniers projets de loi automobile, Voiture Malin est la référence de l'info automobile
