
Longtemps perçu comme un exportateur chinois parmi d’autres sur le marché européen, BYD change de posture. Le groupe a déposé sa candidature à l’Association des constructeurs européens d’automobiles (ACEA), une organisation qui pèse dans les échanges avec Bruxelles. Après l’usine hongroise, le message est clair : BYD ne veut plus seulement vendre en Europe, il veut aussi compter dans les règles du jeu.
Basée à Bruxelles, l’ACEA représente les principaux groupes automobiles dans les discussions avec l’Union européenne, notamment sur les normes, la compétitivité et la transition énergétique. En clair : c’est un lieu où se discutent des décisions qui structurent toute l’industrie.
Si la candidature est validée, BYD deviendrait le premier constructeur chinois membre de l’ACEA. Une étape symbolique, mais aussi très concrète, qui montre que le groupe veut jouer sur tous les terrains, pas seulement celui des ventes.
Cette candidature arrive alors que BYD accélère déjà son implantation industrielle en Europe. Le groupe finalise en Hongrie sa première usine automobile européenne, avec un démarrage de la production de masse attendu dès 2026.
Produire localement apporte un double avantage. D’abord, réduire les délais logistiques et mieux adapter l’offre au marché européen. Ensuite, être moins dépendant des importations et limiter l’exposition aux surtaxes décidées par l’Union européenne sur certains véhicules électriques importés de Chine.
Sur le terrain, la progression est nette. En Europe, BYD a écoulé près de 186 600 véhicules en 2025, contre moins de 50 000 un an plus tôt : l’une des plus fortes progressions du secteur. Le groupe se rapproche de MG, longtemps la référence parmi les marques chinoises sur le continent.
En France aussi, la dynamique s’accélère : BYD a immatriculé 14 311 véhicules en 2025, en hausse de 145,3 %.
Cette percée s’appuie en grande partie sur le SUV hybride rechargeable Seal U DM-i, devenu le moteur commercial de la marque. Résultat : pour des groupes comme Volkswagen AG ou Stellantis, BYD n’est plus un nouvel entrant marginal, mais un acteur qui gagne des volumes, élargit sa gamme et renforce déjà son ancrage local.
Pendant des années, de nombreuses marques chinoises ont tenté l’aventure européenne, souvent avec des résultats limités. BYD semble suivre une trajectoire différente : réseau commercial, production locale, gamme large, et désormais une ambition institutionnelle.
Avec une possible adhésion à l’ACEA (encore incertaine), le groupe montre qu’il veut peser autant sur le marché que dans les discussions qui fixent ses règles. À ce stade, aucun calendrier officiel n’a été communiqué pour l’examen de cette candidature.
Entre industrialisation en Europe et volonté de s’inviter à la table des décisions à Bruxelles, BYD passe un nouveau cap. Si la candidature à l’ACEA aboutit, elle pourrait marquer un tournant : celui d’un constructeur qui ne vient plus seulement vendre, mais s’installer durablement dans le paysage automobile européen. La suite dépendra de la réponse de l’ACEA — et de la façon dont l’Europe redessine ses règles face à ces nouveaux poids lourds.
BYD a déposé sa candidature à l’ACEA, l’Association des constructeurs européens d’automobiles.
Cette validation ferait de BYD le premier constructeur chinois membre de l’ACEA.
BYD a écoulé près de 186 600 véhicules en Europe en 2025.

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