
Stellantis vient de signer un partenariat avec la startup britannique Wayve pour intégrer une nouvelle génération de conduite assistée basée sur l’intelligence artificielle. Avec cette annonce, le groupe veut transformer ses futures Jeep, Dodge ou Peugeot en véhicules capables d’apprendre à conduire presque comme un humain, pour un trajet porte à porte. L’enjeu est double : afficher une vitrine technologique au-delà des batteries et des moteurs, et surtout jouer une carte très rentable sur le terrain du logiciel, face à Tesla et à la Chine.
Jusqu’ici, Stellantis donnait l’impression d’avancer plus lentement que Tesla ou certains constructeurs chinois sur la voiture pilotée par IA. Mais le groupe accélère, et l’annonce faite lors de l’Investor Day ressemble à un vrai tournant dans sa stratégie.
Le constructeur franco-italo-américain a conclu un partenariat avec Wayve afin d’intégrer son logiciel de conduite assistée dans la future plateforme STLA AutoDrive. L’objectif affiché : proposer dès 2028 en Amérique du Nord un système de conduite supervisée “Niveau 2++”. Concrètement, il doit pouvoir gérer une grande partie de la conduite sur autoroute, mais aussi en ville, tout en autorisant le conducteur à lâcher le volant dans certaines situations.
Point important : il ne s’agit pas encore d’une voiture totalement autonome. Le conducteur doit continuer à surveiller la route et rester prêt à reprendre immédiatement le contrôle.
Stellantis présente cette collaboration comme une manière d’offrir une expérience plus fluide et plus intuitive, tout en gardant la sécurité comme exigence centrale. Sur le papier, l’approche évoque ce que propose le FSD de Tesla, récemment homologué aux Pays-Bas et en Lituanie.
La promesse de Wayve tient surtout à la manière de faire. Là où des systèmes plus classiques s’appuient sur des cartes ultra détaillées et des règles préprogrammées, Wayve mise sur une approche plus proche de l’IA générative : la voiture est censée apprendre directement à partir du comportement observé sur route. C’est précisément ce qui semble intéresser Stellantis.
Fondée à Londres en 2017, Wayve développe un “AI Driver” conçu pour fonctionner sans dépendre massivement des cartes HD utilisées par de nombreux concurrents. Le logiciel s’appuie principalement sur l’apprentissage en conditions réelles, avec l’idée de s’adapter à différents environnements, différents pays et différents véhicules.
Pour Stellantis, l’intérêt est clair. Avec quatorze marques et une présence mondiale très fragmentée, bâtir un système capable de fonctionner sur plusieurs architectures, marchés et réglementations est un défi. Wayve promet justement une IA suffisamment flexible pour être déployée progressivement sur de nombreux modèles.
Autre argument fort : la vitesse d’intégration. Selon Alex Kendall, le patron de Wayve, les ingénieurs auraient réussi à intégrer un premier prototype fonctionnel dans un véhicule Stellantis en moins de deux mois — un délai particulièrement court dans l’industrie automobile.
Wayve travaille déjà avec Nissan sur des systèmes similaires destinés au marché japonais à partir de 2027. La startup collabore également avec Uber et Nissan sur des robotaxis testés à Tokyo dès fin 2026. Elle bénéficie enfin du soutien financier de SoftBank et de Nvidia, deux acteurs majeurs de l’intelligence artificielle.
Ce partenariat illustre un basculement plus large. Pendant des décennies, les constructeurs se distinguaient surtout par leurs moteurs, leurs plateformes ou leur design. Désormais, la valeur se déplace progressivement vers le logiciel et l’IA embarquée.
Chez Stellantis, cette transformation s’articule autour d’un écosystème STLA : STLA Brain pour l’architecture logicielle, STLA SmartCockpit pour l’interface utilisateur, et désormais STLA AutoDrive pour la conduite assistée.
L’objectif est de rattraper une partie du retard face à Tesla, mais aussi face à des constructeurs chinois qui avancent très vite sur les systèmes d’assistance évolués. Au-delà de l’enjeu industriel (réduire les coûts, uniformiser les plateformes), Stellantis vise aussi des bénéfices.
D’un côté, la revente de technologies embarquées à d’autres acteurs pourrait consolider et mutualiser les développements. De l’autre, la mise sur le marché — sans doute via des formules d’abonnement — de technologies de conduite autonome capables de seconder la conduite humaine, sur le modèle de l’abonnement au FSD chez Tesla, ouvrirait de nouvelles lignes de revenus pour les constructeurs.
Reste maintenant à voir si Stellantis saura transformer cette promesse technologique en produit réellement fiable au quotidien, et si le groupe arrivera à la monétiser à grande échelle. Une chose est sûre : la prochaine grande bataille automobile ne se jouera pas seulement sous le capot, mais aussi dans le logiciel — et l’histoire ne fait que commencer.
Proposer dès 2028 en Amérique du Nord un système de conduite supervisée “Niveau 2++”, capable de gérer une grande partie de la conduite sur autoroute et en ville, avec la possibilité de lâcher le volant dans certaines situations.
Non : le conducteur devra toujours surveiller la route et rester prêt à reprendre immédiatement le contrôle.
Wayve mise sur une approche où la voiture apprend directement du comportement réel sur route, en s’appuyant principalement sur l’apprentissage en conditions réelles plutôt que sur une dépendance massive aux cartes HD.

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