
BYD est en train de s’installer comme le prochain numéro un mondial de la voiture 100 % électrique en volume, devant Tesla. Sur le papier, c’est un symbole fort, presque un passage de relais. Mais si on gratte un peu, l’histoire est moins “match KO” que “changement d’époque” : d’un côté, une machine industrielle qui gagne grâce à l’échelle et l’exécution ; de l’autre, un acteur dont le leadership s’est longtemps appuyé sur l’avance technologique et l’image de pionnier. Et cette différence de style raconte surtout comment le marché des voitures électriques est en train de mûrir.
En fin d’année, les chiffres résument bien la tendance. BYD revendiquait déjà plus de 2 millions de voitures électriques livrées dans le monde. Tesla, lui, ne devrait pas atteindre ce seuil, si l’on suit les estimations d’analystes : le constructeur américain serait plutôt autour de 1,6 à 1,7 million d’unités, en repli par rapport à l’an dernier. Une partie clé de cette dynamique se joue en Chine, qui reste de très loin le plus grand marché mondial du véhicule électrique.
BYD y profite d’un effet d’échelle massif et d’un catalogue extrêmement large, couvrant des segments et des niveaux de prix où Tesla n’est tout simplement pas présent. Autre différence qui pèse lourd : BYD dispose déjà d’une présence industrielle internationale, avec des sites ou des projets d’usines en Europe, en Amérique et dans plusieurs pays émergents. De quoi amortir, au moins en partie, l’impact des droits de douane et continuer à pousser les volumes.
Chez Tesla, le recul attendu ne ressemble pas forcément à un crash de la demande. Ça ressemble plutôt à une période de transition difficile. La gamme prend de l’âge malgré le rafraîchissement de certains modèles, les aides fiscales ont été réduites ou supprimées sur plusieurs marchés importants, et le contexte politique américain est moins favorable à l’électrique qu’il ne l’a été.
En Europe, les immatriculations baissent nettement, même si Tesla garde encore une longueur d’avance sur BYD dans plusieurs pays. Exemple marquant : la marque reste très solide en Norvège, où les ventes continuent de performer. Surtout, l’année a montré que Tesla semble accepter un ralentissement temporaire des volumes pendant que l’attention se déplace vers d’autres priorités : les logiciels, la conduite autonome (FSD) et des projets futurs comme le Robotaxi. Le pari paraît clair : rester perçu comme la référence techno, même si cela implique de céder du terrain sur les ventes, au moins à court terme.
Mettre BYD et Tesla face à face uniquement via les ventes mondiales, c’est un peu comme comparer deux manières de gagner. BYD pousse une stratégie d’intégration verticale : contrôle de la chaîne de valeur, batteries comprises, et logique de diffusion massive. Tesla, au contraire, reste sur une approche plus resserrée : quelques modèles mondiaux, et une promesse d’écosystème logiciel différenciant.
Du coup, voir BYD passer devant Tesla en volume ne signifie pas que l’ordre établi est renversé partout et tout de suite. En Europe comme en Amérique du Nord, Tesla reste plus visible et mieux installé. Cette hiérarchie mondiale masque donc des réalités régionales très différentes. Côté image, Tesla doit aussi gérer l’impact des prises de position politiques d’Elon Musk, tandis que BYD doit composer avec l’étiquette de “constructeur chinois”, qui peut coller à la peau selon les marchés.
Si BYD est consacré nouveau numéro un mondial du véhicule électrique, l’essentiel est là : c’est une victoire de volume et de choix industriels. De quoi souligner la montée en puissance des constructeurs chinois et leur capacité à imposer leur rythme sur un marché qui continue de grandir. En France, sur un mois cité, une voiture vendue sur quatre était électrique. La vraie question, au-delà du classement, devient donc : qui accompagnera le mieux la prochaine étape du marché électrique ?
À ce stade, on peut raisonnablement imaginer qu’un BYD, avec une gamme plus accessible et plus large, garde un avantage sur un Tesla plus absorbé par d’autres priorités, comme la conduite autonome. Et BYD dispose aussi d’un levier d’image et de volumes au-delà du 100 % électrique : des véhicules hybrides, eux aussi en forte croissance.
BYD revendique déjà plus de 2 millions de voitures électriques livrées dans le monde.
Tesla devrait clôturer autour de 1,6 à 1,7 million d’unités.
Une voiture vendue sur quatre était électrique en France sur le mois cité.
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