
BYD n’est plus un simple outsider de la voiture électrique : le groupe est devenu un poids lourd du marché mondial. En 2025, il a officiellement dépassé Ford en volumes de ventes, s’installant au 6e rang des constructeurs mondiaux. Et la suite est déjà dans le viseur : rattraper Stellantis, actuel cinquième du classement.
Le choc est surtout symbolique. Voir Ford, marque historique, se faire dépasser en ventes mondiales aurait semblé improbable il y a encore quelques années. Mais cet épisode illustre un rééquilibrage accéléré par la transition vers l’électrique.
L’ascension de BYD est difficile à ignorer. En 2020, le groupe vendait environ 190 000 véhicules par an. Deux ans plus tard, il flirtait déjà avec les 2 millions. En 2025, BYD annonce 4,60 millions d’unités écoulées dans le monde, soit +7,7% sur un an.
Ce volume lui permet de dépasser Ford pour la première fois. De son côté, Ford recule d’environ 2% et passe juste sous les 4,4 millions de véhicules vendus à l’échelle mondiale.
Le contraste entre les deux groupes est net. BYD enchaîne les volumes. Ford, lui, traverse une transition électrique plus difficile. Le constructeur américain a dû passer pour 19,5 milliards de dollars de charges liées à la réorganisation de sa stratégie dans le véhicule électrique.
Des modèles comme la Mustang Mach‑E ou le F‑150 Lightning ont trouvé un public, mais pas assez large pour compenser la pression concurrentielle (notamment en Chine) et l’érosion des ventes de thermiques sur certains marchés.
De son côté, BYD suit une ligne claire : la marque ne commercialise plus que des véhicules 100% électriques et des hybrides rechargeables. En quelques années, elle a construit une gamme large (citadines, compactes, berlines, SUV familiaux) avec des modèles comme Dolphin, Atto 3 ou Seal.
Cette couverture quasi complète des segments clés lui permet d’être à l’aise en Chine comme à l’export.
BYD bénéficie aussi d’une intégration verticale poussée. Le groupe contrôle une grande partie de sa chaîne de valeur, y compris la production de batteries. Résultat : un avantage en coûts et une meilleure sécurisation de l’approvisionnement.
Cette structure lui permet d’installer une politique de prix très agressive, au cœur de la « guerre des prix » qui secoue le marché chinois.
À l’inverse, Ford reste pénalisé par une électrification plus lente et plus coûteuse que prévu. Même si le constructeur progresse sur son marché américain en 2025, il perd du terrain en Europe et surtout en Chine, où des acteurs locaux comme BYD, Xiaomi ou Geely gagnent des parts avec des modèles électriques abordables, fortement digitalisés et plus alignés avec les attentes locales.
BYD ne se contente plus de son marché domestique. En 2025, le groupe exporte environ 1,05 à 1,1 million de véhicules, soit près d’un quart de ses ventes totales. Objectif annoncé : 1,3 million d’unités exportées en 2026.
L’Europe, l’Amérique latine et plusieurs pays d’Asie servent de relais de croissance. En Europe, BYD s’installe progressivement dans les réseaux de distribution et les flottes, au contact direct des offres historiques.
Le groupe localise aussi sa production : il a commencé à fabriquer des voitures en Hongrie et prépare une implantation en Turquie, avec l’idée de se rapprocher des marchés finaux et de contourner au mieux les barrières douanières.
Et l’ambition dépasse les voitures particulières : BYD commercialise aussi des utilitaires en Chine et pousse sa montée en gamme via deux marques premium, Denza et Yangwang, destinées elles aussi à être déployées en Europe.
Cette trajectoire n’est pas un long fleuve tranquille. En Chine, 2026 s’annonce plus délicate pour BYD : les ventes montrent des signes de ralentissement en début d’année et le contexte réglementaire se durcit.
Pékin réduit progressivement les subventions aux véhicules électriques, ce qui oblige les constructeurs à tenir leurs marges sans soutien public. En parallèle, les autorités préviennent qu’elles pourraient imposer des sanctions sévères si la guerre des prix (jugée destructrice) continue. Or BYD a été l’un des principaux animateurs de cette bataille tarifaire.
Cette double pression peut peser sur la rentabilité et forcer des ajustements de stratégie sur le marché chinois. D’où l’importance croissante de l’export et de l’installation sur les marchés extérieurs, qui deviennent un deuxième pilier moins dépendant du soutien direct de l’État.
Après avoir dépassé Ford, l’objectif de BYD est clair : continuer à grimper. En 2025, Stellantis occupe la cinquième place mondiale, avec 5,48 millions de véhicules vendus (toutes ses marques confondues). L’écart reste conséquent : près de 900 000 unités séparent encore BYD de ce niveau.
Au-dessus, le podium ne change pas : Toyota reste numéro un mondial pour la sixième année consécutive avec 11,3 millions de véhicules vendus en 2025 (+4,6%). Volkswagen suit avec 8,98 millions (‑0,5%). Hyundai‑Kia est troisième avec 7,28 millions, devant General Motors, quatrième à 6,18 millions.
Au-delà des chiffres, le dépassement de Ford par BYD agit comme un marqueur : la Chine n’est plus seulement le plus grand marché automobile, elle devient un centre de gravité de l’innovation et de la croissance dans l’électrique. Pour les constructeurs historiques, le message est limpide : il faut adapter en profondeur produits, prix et rythme de transition pour ne pas laisser les groupes chinois s’installer durablement.
BYD ne se contente plus de progresser : il redessine les lignes du classement mondial, porté par une stratégie électrique assumée, une chaîne de valeur maîtrisée et une poussée à l’export. La bataille suivante est déjà là, entre ambitions mondiales et défis grandissants sur son terrain chinois. Une chose est sûre : la hiérarchie de l’automobile est en mouvement, et l’avenir se jouera à la vitesse de l’électrique.
BYD a annoncé 4,60 millions d’unités écoulées dans le monde en 2025, soit une progression de 7,7% sur un an.
Les ventes mondiales de Ford sont tombées juste sous la barre des 4,4 millions de véhicules en 2025, en recul d’environ 2%.
Stellantis a vendu 5,48 millions de véhicules en 2025, toutes marques confondues.

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