
L’Union européenne veut renforcer ce qu’elle appelle la « préférence européenne » dans l’industrie. En clair : favoriser davantage les productions locales. Et ce virage assumé commence déjà à faire grincer des dents à l’étranger, en particulier à Pékin.
La Chine a dénoncé les projets européens qui visent à soutenir la production industrielle sur le sol européen, en estimant que ces mesures pourraient bousculer les règles du libre-échange et compliquer l’accès des entreprises étrangères au marché de l’UE.
Du côté chinois, le message est direct : l’idée européenne de pousser du « Made in Europe » est vue comme une attaque contre les principes du libre-échange.
Dans un communiqué, la Chambre de commerce chinoise auprès de l’Union européenne critique une proposition qui, selon elle, pourrait « remodèlerait considérablement les règles d'accès au marché au sein de l'UE ». Elle pointe notamment :
— l’introduction d’exigences de contenu « Made in Europe » ;
— des dispositions obligatoires en matière de transfert de technologie ;
— un examen plus rigoureux des investissements étrangers.
La Chambre de commerce chinoise, qui représente des entreprises chinoises en Europe, estime aussi que si ces mesures étaient appliquées, elles feraient basculer l’économie européenne vers un modèle « plus protectionniste et d'exclusion ». Selon elle, cela pourrait aussi « nuire à la réputation bien établie de l'UE en tant que marché ouvert et fondé sur des règles ».
En parallèle, Bruxelles rappelle que la Chine impose elle-même des règles strictes aux investisseurs étrangers sur son territoire.
Dans un entretien accordé aux Echos, le vice-président de la Commission Stéphane Séjourné a résumé les conditions rencontrées par les entreprises européennes en Chine : « Pékin impose aux entreprises européennes un partenaire chinois obligatoire, limite leur participation à 40% et exige un transfert de technologie (…) Nos conditions sont même moins strictes que celles de la Chine ».
Cette déclaration renvoie à une proposition européenne autour du « Made in Europe », pensée pour relancer la production industrielle en Europe et mieux résister à la concurrence chinoise. L’idée : imposer à certaines entreprises qui bénéficient de fonds publics des exigences de contenus locaux.
La Commission européenne défend ses propositions en expliquant qu’elles s’inspirent de règles protectrices déjà en vigueur dans plusieurs pays, y compris la Chine.
Le dispositif prévoit aussi d’assimiler à des contenus européens les produits provenant de « partenaires de confiance » partageant des valeurs comparables à celles de l’UE, comme le Royaume-Uni ou le Japon, sous réserve de réciprocité.
Mais ces critères excluent de fait la Chine des pays éligibles. Ce que conteste la Chambre de commerce chinoise, qui y voit un risque de « discrimination » à l’encontre des entreprises chinoises.
En voulant muscler la préférence européenne, Bruxelles assume une stratégie plus défensive face à la concurrence, notamment chinoise. Pékin y voit une barrière qui se lève, l’UE réplique en rappelant les contraintes imposées en Chine. Reste une question qui va peser lourd : jusqu’où l’Europe peut-elle protéger son industrie tout en continuant d’incarner un marché ouvert ?
La Chine estime que ces projets pourraient remettre en cause les règles du libre-échange et restreindre l’accès des entreprises étrangères au marché européen.
La Chambre de commerce chinoise évoque des exigences de contenus « Made in Europe », des dispositions obligatoires de transfert de technologie et un examen rigoureux des investissements étrangers.
Pékin impose un partenaire chinois obligatoire, limite la participation des entreprises européennes à 40% et exige un transfert de technologie.

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