
Et si les bouchons et les longues portions d’autoroute devenaient autre chose qu’un temps mort ? Bosch pousse cette idée avec un cockpit dopé à l’intelligence artificielle : une voiture capable d’apprendre les habitudes du conducteur, de comprendre ce qui se passe à bord, et de transformer certains moments “perdus” en temps utile. Derrière la promesse, il y a aussi un objectif business très clair : dépasser 2 milliards d’euros de chiffre d’affaires dans l’infotainment.

La tendance est nette : l’automobile s’oriente de plus en plus vers le logiciel. Pour Bosch, comme pour d’autres grands acteurs, la bataille ne se joue plus seulement sur la mécanique, mais sur le logiciel, l’IA et l’expérience à bord.
Chacun avance ses briques : capteurs, unités de calcul, logiciels capables d’apprendre et d’sadapter. Une promesse revient souvent : accélérer la conception des véhicules grâce à des cycles de développement plus courts et des simulations plus précoces. Bosch, lui, veut pousser le curseur encore plus loin : faire de la voiture un véritable partenaire intelligent.
Le cœur de l’annonce de Bosch repose sur une “AI extension platform”. L’idée : une unité de calcul pensée pour s’ajouter à des véhicules existants sans revoir toute leur architecture. Concrètement, c’est un module autonome, alimenté et connecté via internet, qui apporte des fonctions d’IA avancées à un cockpit déjà en place.
Cette plateforme s’appuie sur le système sur puce Nvidia DRIVE AGX Orin, avec 150 à 200 TOPS (tera-opérations par seconde) de puissance de calcul supplémentaire. De quoi faire tourner localement des modèles d’intelligence artificielle complexes : reconnaissance vocale avancée, analyse de la scène intérieure, compréhension du comportement du conducteur, et modèles de langage multimodaux.
Les constructeurs peuvent y déployer leurs propres agents IA en s’appuyant sur l’environnement CUDA de Nvidia et sur les briques logicielles développées par Bosch.

Sur la route, la puissance de calcul vise des interactions plus naturelles : un cockpit capable de comprendre des demandes simples… et d’en déduire plusieurs actions. Dire « j’ai froid » ne se limite plus à monter la température : le système peut aussi activer le chauffage de siège, ajuster la ventilation, et tenir compte des préférences apprises au fil des trajets.
Bosch mise aussi sur l’intégration de l’écosystème Microsoft. Grâce à Microsoft Foundry et à l’intégration de Microsoft 365, le conducteur peut rejoindre une réunion Teams par commande vocale, consulter ses e-mails ou interagir avec des outils bureautiques depuis l’habitacle.
En parallèle, le véhicule peut activer des aides à la conduite comme le régulateur de vitesse adaptatif pour réduire la charge cognitive. Bosch parle de contrôle inter-domaines : l’IA fait le lien entre infotainment, confort et assistance à la conduite, avec l’objectif que la productivité ne se fasse pas au détriment de la sécurité.

L’objectif n’est pas de créer une voiture saturée d’écrans façon open space roulant. L’idée est plutôt d’exploiter les phases où le conducteur est déjà peu sollicité — trafic dense ou autoroute à vitesse stabilisée — pour proposer des usages habituellement réservés au bureau.
À moyen terme, cette approche colle à la montée des véhicules définis par le logiciel, capables d’évoluer par simple mise à jour.
À horizon 2030, Bosch vise plus de 2 milliards d’euros de chiffre d’affaires dans l’infotainment et les cockpits IA. Le marché mondial est estimé entre 17 et 19,9 milliards d’euros, et l’ambition est de figurer parmi les trois acteurs principaux.
Point important : Bosch ne s’adresse pas directement aux conducteurs, mais aux constructeurs automobiles. Il leur facture des plateformes combinant matériel de calcul et briques logicielles d’IA, intégrées véhicule par véhicule. À l’échelle de plusieurs millions d’unités produites chaque année, ces solutions peuvent représenter plusieurs centaines d’euros par voiture, auxquels s’ajoutent des licences logicielles et des mises à jour sur la durée de vie des modèles.
Avec sa plateforme d’extension IA, Bosch ne vend pas seulement une “option tech” : il pousse une vision où l’habitacle devient un système intelligent, capable de relier confort, assistance à la conduite et usages numériques. Si cette approche tient ses promesses sans compromettre la sécurité, la voiture pourrait bien devenir le prochain espace où l’IA s’installe durablement — et où le temps reprend enfin de la valeur.
150 à 200 TOPS (tera-opérations par seconde) de puissance de calcul supplémentaire.
Plus de 2 milliards d’euros de chiffre d’affaires.
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