
BMW vient de prolonger son partenariat avec ZF, l’un des plus gros fabricants de boîtes de vitesses au monde. Concrètement, ZF continuera de fournir au groupe BMW sa transmission automatique à 8 rapports, et BMW l’utiliserait jusqu’à la fin des années 2030.
Le message derrière la mécanique est clair : pour que ce choix ait du sens, il faut imaginer que le moteur thermique reste pertinent au-delà de 2035… alors même qu’en Europe, rien ne garantit encore qu’il sera autorisé après cette date. Autrement dit, ZF et BMW semblent déjà se projeter dans “l’après 2035”.
Les liens entre ZF et les constructeurs allemands sont anciens. L’histoire démarre dans les années 60, quand l’entreprise se lance dans ses premières transmissions automatiques. Puis, au milieu des années 2000, ZF dévoile la 8HP, l’une des premières boîtes automatiques à huit rapports.
Cette boîte à convertisseur de couple s’est imposée notamment parce qu’elle colle parfaitement aux moteurs puissants et “coupleux” : elle est appréciée pour sa souplesse de fonctionnement et sa longévité. Et même si elle a beaucoup marqué BMW, on la retrouve aussi chez d’autres marques, comme Alfa Romeo.
La question qui fâche est posée frontalement : que deviennent ces pièces mécaniques très complexes s’il n’y a plus de moteurs à combustion à produire ?
Les voitures électriques peuvent aussi avoir besoin de plusieurs rapports, notamment pour améliorer l’efficience sur voie rapide. Mais l’idée n’est pas de reproduire les boîtes multi-rapports des thermiques, qui peuvent grimper jusqu’à 10 vitesses. Sur certaines électriques, un simple système à deux rapports suffit déjà largement.
ZF explique que cet accord met en avant l’importance stratégique de sa boîte 8 rapports, présentée comme une technologie clé dans l’évolution des systèmes de transmission. Dans le cadre du partenariat, la 8HP doit continuer à évoluer, avec l’objectif d’offrir une transmission à la fois plus puissante et plus efficiente, adaptée aux futures générations de motorisations.
Mais une question reste suspendue : quelles motorisations, exactement ? Le calendrier mentionné est parlant, puisque l’accord prévoit explicitement d’aller « jusqu’à la fin des années 2030 ». Cela revient à dire que BMW voit un avenir au moteur thermique au-delà de 2035… avant même que l’Europe ne décide de l’éventuelle prolongation.
Et en Europe, l’issue reste incertaine. Un répit a bien été obtenu, mais il reste limité et, à ce stade, le moteur thermique semble malgré tout condamné à la fin de la prochaine décennie.
Un point change la lecture : BMW Group, ce n’est pas seulement l’Europe. D’autres marchés, comme certains pays émergents ou l’Amérique, pourraient continuer à consommer des moteurs à combustion après 2035, sauf bouleversement politique majeur aux États-Unis dans les prochains mandats.
Pour la Chine, la trajectoire paraît plus nette : l’électrique y serait appelée à devenir la motorisation dominante à moyen terme.
Si l’échéance 2035 se concrétise, la fenêtre se resserre : cela laisserait alors un peu moins de dix ans à la boîte automatique ZF à huit rapports en Europe — et même moins si l’on tient compte de la progression de l’électrique chez BMW.
Un chiffre illustre cette bascule : 20 % des ventes mondiales de BMW l’an dernier étaient des voitures électriques.
En prolongeant l’aventure de la 8HP jusqu’à la fin des années 2030, BMW et ZF envoient un signal : le thermique n’a peut-être pas dit son dernier mot, surtout à l’échelle mondiale. Reste que la montée de l’électrique, elle, ne ralentit pas. La suite se jouera sur un équilibre fragile entre décisions politiques, réalités industrielles et attentes des conducteurs — et c’est précisément là que l’avenir de la mobilité se redessine.
Jusqu’à la fin des années 2030.
Après 2035.
20 % des ventes mondiales de BMW l’an dernier étaient des électriques.

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