Voitures électriques

Batteries : la carte qui montre comment l’Europe veut reprendre la main sur l’électrique

Batteries : la carte qui montre comment l’Europe veut reprendre la main sur l’électrique

Une nouvelle bataille industrielle : fabriquer la pièce la plus stratégique

À mesure que la voiture électrique remplace le thermique, la compétition se déplace vers un composant devenu central : la batterie. Sa fabrication pèse sur le coût final d’un véhicule, mais aussi sur l’autonomie et les performances. Pour éviter de dépendre entièrement de l’Asie, l’Europe accélère depuis plusieurs années une course à l’industrialisation.

Le rapport Battery Atlas 2026, publié par Battery-News, met des chiffres et des lieux sur cette accélération : une véritable cartographie industrielle qui recense des centaines de projets et environ 120 entreprises impliquées dans la production de modules et de packs de batteries en Europe.

Un nouvel atlas montre où l’Europe fabrique des batteries pour voitures électriques
Un atlas met en image la course européenne aux usines de batteries et l’enjeu d’indépendance industrielle.

Une chaîne de valeur cartographiée de bout en bout

L’atlas ne s’arrête pas aux cellules. Il recense aussi les sites spécialisés dans les modules et packs, les fournisseurs de matériaux actifs, les fabricants d’équipements industriels, les centres de test et les installations de recyclage.

La comparaison sur 15 ans est parlante : autrefois concentrée dans quelques sites, notamment en Allemagne et en France, cette activité s’est diffusée à presque tout le continent.

En Europe, près de 120 entreprises produisent des modules et packs de batteries
La production de modules et de packs s’est fortement élargie : près de 120 entreprises sont désormais impliquées à l’échelle européenne.

L’Allemagne, toujours au centre du jeu

Malgré l’essaimage des projets, l’Allemagne reste le cœur de l’écosystème. Le pays concentre de nombreux chantiers et sites industriels liés à la batterie, avec des acteurs et implantations cités dans le rapport comme CATL à Arnstadt, l’usine Tesla de Grünheide, ainsi que des pôles connectés à BMW, Varta, Webasto, Tesvolt, Fenecon ou Triathlon.

Cette densité reflète à la fois le poids historique de l’industrie automobile allemande et la volonté du pays de rester au centre de la transition vers la mobilité électrique.

Le Nord de l’Europe monte en puissance

Dans le nord, la Suède et la Finlande s’affirment comme des territoires clés pour les technologies énergétiques. La Suède accueille notamment plusieurs installations liées à l’écosystème industriel autour de Scania à Södertälje, et la région développe des compétences dans la production et la gestion de l’énergie.

L’Europe de l’Est s’impose comme nouveau pôle

La dynamique la plus marquante décrite par l’atlas : une partie importante de la croissance se déplace vers l’Europe centrale et orientale.

La Pologne est présentée comme l’un des principaux hubs de production du continent, avec une multiplication de projets dans des villes comme Gliwice, Jawor, Gdansk ou Varsovie. Des entreprises comme Impact, BMZ ou SK Innovation y participent à la fabrication de modules et de packs.

Les raisons avancées : des coûts industriels plus faibles, une proximité avec les grandes usines automobiles européennes, et des politiques publiques favorables aux investissements.

La Hongrie accélère très fort

La Hongrie est décrite comme un acteur majeur, avec une capacité industrielle attendue de 215,3 GWh, dont 128 GWh dans la seule ville de Debrecen. Plusieurs groupes asiatiques, dont CATL et Samsung, y développent de vastes projets.

D’autres pays apparaissent aussi sur la carte européenne des batteries : République tchèque, Slovaquie, Roumanie et Croatie. Le message est clair : la batterie devient un enjeu stratégique pour l’ensemble du continent.

Le Sud n’est pas en reste

Dans le sud de l’Europe, la dynamique est également visible. L’Italie développe plusieurs projets autour de villes comme Turin, Modène ou Teverola, avec des acteurs cités comme Stellantis, FIAMM ou Flash Battery.

Capacités de batteries en Europe : des annonces revues à la baisse
Les ambitions évoluent : la capacité annoncée est passée de plus de 2 000 GWh en 2023 à environ 1 190 GWh début 2025.

France, Espagne, Portugal : chacun veut sa place

En Europe occidentale, plusieurs pays tentent aussi de consolider une filière.

La France cherche à reconstruire une industrie des batteries via plusieurs projets majeurs, notamment à Dunkerque, Billy-Berclau ou Poitiers, avec des entreprises comme ACC ou AESC. L’objectif s’inscrit dans une stratégie plus large : sécuriser une production européenne et réduire la dépendance aux fournisseurs asiatiques.

L’Espagne figure aussi dans cette nouvelle carte industrielle, avec des projets en développement à Martorell (dans une stratégie électrique portée par SEAT et le groupe Volkswagen) mais aussi à Valence, Navarre ou Figueruelas. Le pays s’appuie sur sa forte présence industrielle automobile pour s’intégrer à la chaîne de valeur de la batterie.

Le Portugal commence à émerger avec des projets dans la région de Sines. D’autres pays comme l’Autriche ou la Suisse se spécialisent davantage dans les technologies énergétiques ou les solutions de stockage.

Un boom… mais une domination asiatique et des projets incertains

Malgré l’expansion, le rapport souligne plusieurs défis.

Les projections du Battery Atlas 2026 évoquent plus de 1 190 GWh de capacités de production planifiées en Europe. Mais une partie de ces projets reste suspendue à des investissements futurs ou à des décisions politiques : de nombreux calendriers de construction sont flous, parfois indiqués avec des horizons vagues du type “202X” ou “20XX”.

Autre point clé : plus de la moitié des capacités prévues — environ 673 GWh — sont portées par des entreprises asiatiques. L’Europe peine à rivaliser avec des acteurs forts de plusieurs décennies d’expérience dans le lithium-ion. Le texte mentionne aussi que certains projets européens ont rencontré des difficultés : retards industriels, problèmes financiers, et même la faillite d’un important fabricant européen de cellules fin 2024.

Les batteries sodium-ion sont présentées comme plus sécuritaires que les lithium-ion
Les pistes technologiques alternatives, comme le sodium-ion, sont présentées comme prometteuses, notamment en matière de sécurité.

Et si l’Europe prenait un autre raccourci technologique ?

Face à la domination asiatique sur le lithium-ion, une autre stratégie est évoquée : plutôt que de chercher à combler le retard sur les batteries classiques, l’Europe pourrait miser sur des technologies de nouvelle génération.

Parmi les pistes citées : les batteries solide, lithium-soufre et sodium-ion. Ces chimies promettent une densité énergétique plus élevée, une meilleure sécurité et un impact environnemental plus faible. Si elles parviennent à être industrialisées, elles pourraient rebattre les cartes de la compétition mondiale.

Conclusion

Avec des centaines de projets, une chaîne de valeur de plus en plus complète et des pôles industriels qui se multiplient, l’Europe avance vite pour sécuriser l’un des nerfs de la mobilité électrique. Mais entre calendriers incertains et domination asiatique persistante, la course est loin d’être finie. La suite pourrait se jouer sur un pari : transformer les technologies de nouvelle génération en avantage industriel concret, et écrire la prochaine étape de l’indépendance énergétique européenne.

Foire aux Questions

Que montre le rapport Battery Atlas 2026 sur l’industrie des batteries en Europe ?

Le rapport Battery Atlas 2026 propose une cartographie détaillée de la chaîne de valeur des batteries en Europe et recense près de 120 entreprises impliquées dans la production de modules et de packs.

Quelle capacité de production de batteries est planifiée en Europe selon Battery Atlas 2026 ?

Plus de 1 190 gigawattheures de capacité de production de batteries sont planifiés sur le continent selon les projections du Battery Atlas 2026.

Quelle part des capacités planifiées en Europe est portée par des entreprises asiatiques selon Battery Atlas 2026 ?

Environ 673 gigawattheures, soit plus de la moitié des capacités prévues, sont portés par des entreprises asiatiques.

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