
Fiat a aujourd’hui une présence presque « exotique » aux États-Unis : au catalogue, il ne reste qu’une seule voiture, la Fiat 500 électrique. Et pourtant, sur place, c’est un autre modèle qui fait parler de lui… alors qu’il n’est même plus officiellement vendu.
Le plus surprenant : un Fiat 500X retiré du catalogue arrive à mieux se vendre que la 500 électrique. Comment ? Grâce à des stocks de 500X qui traînent encore chez des distributeurs, non immatriculés. Et au passage, ça rappelle que la question des stocks chez Stellantis n’est pas entièrement réglée, même si le groupe indique une nette amélioration de la tendance.
Pour les constructeurs européens, l’Amérique du Nord reste un terrain avec ses propres règles. L’épisode Fiat en est une démonstration assez brutale : l’Américain moyen n’a pas vraiment envie de basculer vers l’électrique, encore moins quand il s’agit de petits formats très « européens » — des voitures à hayon, pensées urbaines chez eux, et qui peuvent déjà sembler presque familiales chez nous.
Dans ce contexte, l’idée de débarquer avec des électriques compactes peut vite devenir un pari risqué. Si les règles autour du CO2 se desserrent, la motivation pour changer de type de motorisation peut s’éroder encore davantage.
Sur le papier, l’offre Fiat aux États-Unis est ultra simple : uniquement la 500 électrique. Sauf qu’elle cumule deux handicaps majeurs pour ce marché : elle est électrique, et elle est très petite.
En dehors de Mini, qui conserve un statut à part, les voitures de ce gabarit ont du mal à percer. Là-bas, même une berline comme la Toyota Corolla (avec coffre) peut être perçue comme une citadine. Résultat logique : les ventes de la 500 électrique restent très faibles.
Constat chiffré : sur le premier trimestre 2026, Fiat a écoulé 71 exemplaires de 500X aux États-Unis, contre 68 unités de la 500 électrique. Les volumes sont tellement bas qu’ils doivent être pris avec recul, mais le symbole est fort : un modèle “hors catalogue” fait mieux que l’unique nouveauté encore vendue.
En toile de fond, cela illustre la difficulté grandissante de certaines marques de Stellantis à exister sur ce marché, comme Alfa Romeo, Fiat ou encore Chrysler.
La Fiat 500 électrique est un cas extrême, mais elle s’inscrit dans un mouvement plus large : vendre des voitures électriques aux États-Unis devient compliqué pour beaucoup de constructeurs.
Un exemple : Volkswagen suspend la production de l’ID.4 dans son usine de Chattanooga pour le marché local, faute d’une demande suffisante. Le constructeur en profite pour libérer de la capacité pour son grand SUV Atlas, qui se vend nettement mieux. Et si un SUV comme l’ID.4 peine déjà à convaincre, on imagine facilement la pente à remonter pour une minuscule citadine comme la 500.
Chiffre marquant : sur le premier trimestre, les ventes de voitures électriques ont chuté de 27 % aux États-Unis. Le texte rappelle aussi qu’à la fin de l’été dernier, Donald Trump avait décidé de mettre fin aux aides à l’achat d’un véhicule électrique neuf. Depuis, les ventes baissent logiquement.
Dans ce contexte difficile, un modèle s’en sort particulièrement bien : le Tesla Model Y représente à lui seul un tiers des ventes de voitures électriques aux États-Unis en 2026. Pour tous les autres, c’est la bataille pour se partager un gâteau qui rétrécit.
Voir un Fiat 500X « fantôme » dépasser la 500 électrique en dit long sur les réalités du marché américain : tailles de voitures, appétit pour les SUV, et intérêt fluctuant pour l’électrique. Pour les marques européennes, l’enjeu n’est pas seulement de proposer des modèles électriques, mais de le faire avec le bon format, au bon moment, et dans un contexte politique et économique qui peut tout changer. La suite se jouera sur l’adaptation — et sur la capacité à anticiper ce que les conducteurs voudront vraiment demain.
Fiat a vendu 71 exemplaires de 500X contre 68 unités de la Fiat 500 électrique aux États-Unis sur le premier trimestre 2026.
Les ventes de voitures électriques ont chuté de 27 % aux États-Unis sur le premier trimestre.
Le Tesla Model Y représente un tiers des ventes de voitures électriques aux États-Unis en 2026.

De l'achat, à la revente, au financement, en passant par les derniers projets de loi automobile, Voiture Malin est la référence de l'info automobile
