
Pour ses 20 ans, Coyote ne s’est pas contenté d’un simple relooking. L’éditeur français a revu en profondeur son application d’aide à la conduite, sur smartphone comme via Android Auto et Apple CarPlay. L’idée : rendre les alertes impossibles à louper, mieux exploiter les écrans (téléphone et voiture) et s’imposer comme un vrai copilote face à Waze ou Google Maps, qui restent gratuits. Mais est-ce que la promesse justifie un abonnement ?
À l’occasion de cet anniversaire, Coyote signe sa plus grosse refonte depuis la création du service. Interface modernisée, alertes visuelles et sonores difficiles à ignorer, anticipation sur plusieurs dizaines de kilomètres et intégration plus propre avec les écrans de voiture : l’objectif est clair, reprendre du terrain face aux GPS gratuits. Reste la vraie question : est-ce que ces évolutions suffisent à rendre l’abonnement Coyote pertinent au quotidien ?
Graphiquement, l’application Coyote n’avait pas vraiment bougé depuis la fin des années 2000. Avec la version 12, l’interface se met enfin au niveau du boîtier Coyote Max : typographie plus actuelle, couleurs retravaillées, pictos redessinés. L’écran de base (vitesse instantanée, limitation en cours, nombre et proximité des “éclaireurs”) reste familier, mais tout est simplifié pour être lu plus vite, sans plisser les yeux.
Les alertes sont maintenant hiérarchisées par forme et par couleur : le triangle est réservé aux contrôles (radars / contrôles), tandis que les bouchons, véhicules arrêtés, travaux, obstacles ou météo ont chacun leur icône dédiée. Et plus le risque augmente, plus la teinte “chauffe”, du vert jusqu’au rouge. Sur la route, c’est plus intuitif : tu comprends en une fraction de seconde ce qui se passe.
Coyote abandonne aussi l’ancienne jauge de progression dans les “zones de danger” au profit d’une vue plus schématique, comme une lecture “vue de dessus”. Ça demande un petit temps d’adaptation, mais l’avantage est immédiat : l’appli peut afficher clairement deux zones qui se chevauchent, là où l’ancienne interface obligeait à jongler manuellement entre plusieurs alertes.
Le gros du chantier, c’est la façon dont les alertes se déclenchent et montent en intensité. Coyote veut tourner la page des simples “bips” monotones : les sons ont été retravaillés. À l’approche d’une zone de contrôle avec risque de survitesse, l’interface vire progressivement au rouge, l’écran “flashe”, et les sons deviennent plus insistants jusqu’aux trois quarts de la zone, là où se situe le contrôle selon la réglementation actuelle sur les “zones de danger”.
Le but est simple : même si tu discutes, que tu changes de voie ou que ton attention est partiellement prise ailleurs, l’application te ramène à l’essentiel. Et si tu n’aimes pas être “secoué”, tu peux régler le niveau d’alerte : affichage seul, ou affichage + son, selon les contrôles de vitesse, les perturbations routières et la sécurité. Un sous-menu permet même d’affiner encore plus.
Selon Coyote, c’est d’autant plus important que la majorité des PV sanctionnent aujourd’hui de petits dépassements par manque d’anticipation : sur plus de 12 millions de flashs annuels en France, près de 90% concernent des excès de moins de 20 km/h. Autrement dit : ce n’est pas forcément la grosse vitesse, c’est le “petit +5/+10” mal anticipé qui coûte cher.
Jusqu’ici réservée au mode Expert, la fonction “Prévision” est désormais disponible dans tous les modes, y compris en mode Carte et en affichage embarqué via Android Auto et CarPlay. Concrètement, c’est une barre de prévision qui :
Chaque segment est codé visuellement (limitation, type de danger), ce qui donne une lecture continue des prochains kilomètres. Sur un réseau où tu peux enchaîner une vingtaine de changements de limitation tous les 100 km, cette vision “longue portée” a du sens : elle aide à anticiper certains pièges et les difficultés de circulation à venir. Cela dit, même si on gagne une visibilité globale en un coup d’œil, on ne pense pas que ce soit un avantage totalement décisif : la concurrence propose aussi une forme d’anticipation, parfois moins précise, mais dans le même esprit.
Côté affichage, Coyote garde sa logique à deux modes. D’abord le Mode Expert : un écran plus épuré, centré sur la vitesse, la limitation et les alertes, avec la Prévision jusqu’à 30 km (20 km en embarqué). C’est le mode historique des “avertisseurs”. Et si tu veux, tu peux quand même afficher la navigation même dans ce mode.
Ensuite, le Mode Carte : une navigation GPS complète, plus classique, basée sur les cartes et algorithmes de HERE, avec trafic, guidage et alertes intégrées à la carte, à la manière de Waze ou Google Maps. L’idée est d’avoir une appli “tout-en-un” : guidage + alertes + lecture de la route.
Par rapport aux versions précédentes, les deux modes se parlent mieux : les alertes sont plus visibles en mode Carte, et la navigation est plus présente en mode Expert. Tu peux choisir un thème clair ou sombre, avec adaptation automatique à la luminosité (nuit, tunnel, etc.). En revanche, l’interface paraît parfois un peu plus chargée : un champ de recherche reste en bas de l’écran, et passer d’un mode à l’autre demande une action en deux temps (tap puis bouton). Un simple swipe aurait été plus naturel.
Pour le guidage, Coyote s’appuie toujours sur HERE, dont les cartes et algorithmes équipent déjà beaucoup de systèmes embarqués (BMW, Mercedes, Audi, etc.). En pratique, l’appli s’en sort bien sur les trajets mixtes et autoroutiers : recalcul rapide, itinéraires cohérents, et une qualité qui n’a pas grand-chose à envier à Waze ou Google Maps pour la plupart des usages.
Mais en ville, surtout quand c’est saturé, Waze ou Google Maps gardent l’avantage : infotrafic plus agressif, temps de trajet souvent plus réalistes, et propositions d’itinéraires alternatifs plus pertinentes. Coyote ne prétend d’ailleurs pas forcément les détrôner sur ce terrain. Dommage quand on remet ça en face du coût d’usage : à ce prix, on aimerait que l’appli soit au top partout, y compris dans les centres urbains compliqués.
Un des gros points forts de Coyote, c’est sa capacité à cohabiter avec d’autres applis de navigation. Concrètement, Coyote peut se superposer en fenêtre flottante au-dessus de Waze, Google Maps ou n’importe quel autre GPS, sous la forme d’un mini mode Expert incrusté dans un coin de l’écran. En désactivant le compteur et certaines alertes redondantes dans l’appli principale, tu obtiens un combo intéressant : le guidage de Google/Waze + les alertes Coyote, à condition de placer la fenêtre au bon endroit pour ne pas masquer une info importante.
En réplication Android Auto ou CarPlay, l’application se comporte comme un service natif : interface adaptée aux écrans automobiles, alertes sonores bien intégrées au système audio, et fonction Prévision disponible avec une anticipation limitée à 20 km pour rester lisible. La cohabitation avec une appli de musique (ou autre) est fluide : chaque service “prend la parole” à tour de rôle en cas d’alerte, sans transformer le trajet en brouhaha.
Autre point intéressant : cette superposition fonctionne aussi avec Android Auto quand Waze est lancé. En revanche, le widget n’est pas visible en permanence : c’est surtout lors de l’apparition d’un danger détecté par Coyote qu’un bandeau informatif s’affiche. Dans nos essais sur plusieurs voitures, la surcouche ne s’affiche pas au-dessus de Google Maps quand celui-ci tourne avec Android Auto, ce qui limite un peu l’intérêt si tu es team Maps.
Selon nous, si tu es attaché à la navigation de Google ou Waze, mais que tu trouves leurs alertes trop discrètes (ou trop faciles à rater), cette combinaison “Coyote en surcouche + GPS favori” est probablement le compromis le plus intéressant.
Coyote mise toujours sur sa communauté payante pour justifier le prix. La marque revendique environ 5 millions d’utilisateurs en Europe, dont plus de 3 millions en France, près d’un million en Belgique et autour de 200 000 en Espagne et en Italie réunies. Selon une étude CSA commandée par l’éditeur, 91% des abonnés déclarent signaler et confirmer des alertes, contre environ 22% des utilisateurs de Waze ou Google Maps. Et 85% des membres affirment remonter systématiquement les zones de contrôle permanentes. Dans le même sondage, 87% des clients Coyote disent avoir réduit le nombre de contraventions depuis qu’ils utilisent le service, contre 55% chez les adeptes des solutions gratuites.
Évidemment, on lit ces chiffres avec le recul nécessaire : c’est une étude commandée par la marque. Mais la tendance est crédible : une communauté qui paie est souvent plus engagée, et alimente plus régulièrement le réseau d’alertes. En pratique, c’est précisément le modèle payant qui fait la force de Coyote : quand tu investis, tu as plus de raisons de jouer le jeu et de remonter les infos.
Côté tarifs, Coyote assume un positionnement premium face à des concurrents gratuits. La formule Classic, limitée au smartphone, est annoncée à 9,99 €/mois et 109,99 €/an : elle inclut navigation et alertes, mais sans compatibilité CarPlay / Android Auto. La formule Premium, qui ajoute la réplication sur l’écran de la voiture, est facturée autour de 14,99 €/mois ou 159,99 €/an. L’application propose sept jours d’essai gratuit, et des promotions reviennent régulièrement (parfois très agressives).
Pour défendre cet écart face à Waze ou Google Maps, Coyote met en avant l’absence de publicité, une conception et un hébergement en Europe, et surtout la densité et la réactivité de sa communauté. En clair : tu payes pour une expérience plus “focus”, et pour des alertes qui veulent être plus fiables et plus visibles.
Au final, l’arbitrage est assez simple : une seule amende pour petit excès de vitesse peut représenter plusieurs mois d’abonnement, parfois plus. Si tu roules beaucoup (route, autoroute, déplacements fréquents), l’investissement peut être rationnel. Le vrai plus, c’est la souplesse : Mode Carte, Mode Expert et surtout la superposition. Pour être franc, c’est clairement cet aspect qu’on a le plus adopté, couplé à Waze.
En revanche, si tu conduis peu, ou surtout sur des trajets courts et répétitifs, l’intérêt d’un abonnement payant est plus discutable. Coyote est une appli qui prend tout son sens quand tu accumules les kilomètres, que tu veux des alertes très présentes, et que tu cherches une expérience de conduite plus “assistée” que ce que proposent les solutions gratuites.
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