
Dans l’ombre des circuits européens, les dragsters règnent en maîtres en Amérique du Nord. Depuis plus de 70 ans, la National Hot Rod Association (NHRA) orchestre des duels d’une intensité folle : sur quelques centaines de mètres à peine, ces machines surpuissantes avalent l’asphalte en quelques secondes, propulsées à plus de 500 km/h. Un univers extrême où l’Américaine Brittany Force repousse sans cesse les limites de la vitesse et de la précision.
Quasiment inexistantes en France, les courses de dragsters sont au contraire hyper populaires aux États-Unis et au Canada. La NHRA, qui compte 40 000 pilotes adhérents, organise depuis des décennies des compétitions de courses d’accélération qui attirent un large public.
Le principe est aussi simple que brutal : aller le plus vite possible en un minimum de temps, le long d’une ligne droite. Les duels « top fuel » se jouent en quelques secondes, avec une consommation de carburant comparée à celle d’un Boeing 747 au décollage. À l’arrivée, chaque dragster est freiné à l’aide d’un parachute.
À ce jeu-là, c’est une pilote qui tient le haut de l’affiche. Brittany Leighton Force a battu le record de vitesse « Top Fuel » au volant d’un dragster Monster Energy : son moteur de 12 000 chevaux, alimenté par un mélange de nitrométhane et de méthanol, lui a permis d’atteindre 552 km/h (343,16 mph) en seulement 3,645 secondes.
Ce record, dans cette catégorie, était auparavant détenu… par Brittany Force elle-même. À noter toutefois qu’en 1984 en Angleterre, un prototype doté d’un moteur-fusée a roulé à 621 km/h, sans que cette performance soit homologuée par les fédérations NHRA et FIA.
Officiellement, Brittany Force — 1,57 m et 50 kilos — détient donc ce record national de vitesse, obtenu à Seattle sur une distance de 305 mètres. Elle n’est pas arrivée là par hasard : enfant de la balle, elle est la fille de John Force, présenté comme une ancienne légende du dragster, et ses deux sœurs ont elles aussi évolué dans la discipline.
Certains détracteurs réduisent le dragster à une simple accélération en ligne droite. Sur le terrain, c’est beaucoup plus exigeant. Pour devenir un crack, il faut un temps de réaction à l’extinction des feux quasiment de zéro.
Ensuite, tout se joue en un éclair : le contrôle de l’engin durant ces quelques secondes doit être d’une précision chirurgicale, sous peine d’être victime d’un accident fatal. Pertes d’adhérence, vibrations violentes : rien n’est “simple” quand la puissance et la vitesse montent à ce niveau.
À ces vitesses, le moindre écart est immédiatement et lourdement sanctionné, « telle une fusée explosant quelques secondes après son décollage ». Et ce n’est pas seulement une affaire de pilotage : l’effort physique est colossal. Les dragstéristes encaissent jusqu’à 6G, un niveau comparé à celui de certains avions de chasse.
Bien entendu, l’optimisation des réglages en amont est essentielle et nécessite une équipe d’ingénieurs et de préparateurs très qualifiés. Et il faut aussi accepter une réalité : la durée de vie des mécaniques est extrêmement courte. Chaque moteur utilisé en compétition est démonté dès la course achevée, afin d’être reconstruit pour la manche suivante. L’argent devient, là aussi, l’un des nerfs de la guerre.
En 305 mètres, le dragster concentre tout : puissance démesurée, précision au millimètre et limites humaines repoussées à chaque run. Avec ses 552 km/h en 3,645 secondes, Brittany Force rappelle qu’au-delà du spectacle, ce sport est une discipline d’élite — et que la quête de vitesse n’a probablement pas fini d’écrire de nouveaux records.
552 km/h (343,16 mph).
3,645 secondes.
Un mélange de nitrométhane et de méthanol.

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