La filiale Watèa by Michelin, focalisée sur l’électrification des flottes pros via une offre de location longue durée “tout-en-un” pour utilitaires électriques, s’apprête à tirer le rideau. Dans un marché qui n’a jamais vraiment décollé et au gré de règles qui bougent sans cesse, un plan de sauvegarde de l’emploi est désormais sur la table pour 45 salariés. Les représentants du personnel, eux, questionnent la responsabilité sociale du groupe Michelin.

Spécialisée dans la conversion électrique des parcs d’entreprises, Watèa est détenue à 70% par Michelin et a vu le jour en juillet 2021. Malgré cette rampe de lancement, la filiale n’a jamais trouvé son product‑market fit: peu de volumes, cycle de décision long, et un TCO encore dissuasif pour nombre de clients. La fermeture pourrait intervenir très vite. À la clé, un PSE visant les 45 collaborateurs, répartis pour moitié à Paris et pour l’autre moitié à Clermont‑Ferrand, berceau historique du manufacturier français.

Un plan de sauvegarde de l’emploi
Interrogés, Michelin et Crédit Agricole Leasing & Factoring indiquent envisager l’arrêt des activités de Watèa « dans le respect des engagements pris envers les clients et partenaires ». Cette orientation s’explique, disent‑ils, par un environnement économique incertain et par un cadre réglementaire mouvant: déploiement des ZFE à géométrie variable, et signaux changeants sur les aides à l’électrique qui bousculent la demande des pros. Côté social, la priorité annoncée porte sur l’accompagnement humain: mobilités internes quand c’est possible, formation, et retour à l’emploi pour les 45 collaborateurs concernés par la procédure. La continuité de service et la fin des contrats en cours seraient gérées progressivement afin de sécuriser les clients et les partenaires écosystème.
La responsabilité de Michelin pointée du doigt
Un discours qui ne rassure qu’à moitié les élus du CSE. Dans une lettre commune, ils jugent les mesures présentées, dans le cadre du PSE, largement insuffisantes et en‑deçà des standards sociaux habituellement appliqués au sein du groupe Michelin. Ils réclament pour les salariés de Watèa les mêmes garanties: indemnités renforcées, accompagnement de qualité, et perspectives réelles. Les représentants pointent aussi l’actionnaire majoritaire, estimant que Michelin assume une responsabilité directe dans la décision et, surtout, dans les conditions concrètes de cette fermeture, qu’ils souhaitent plus justes, ambitieuses et transparentes. Ils appellent à un dialogue social exigeant, à des reclassements crédibles au sein du groupe, et à des engagements fermes sur la reconversion des compétences liées à l’électromobilité.
Rédaction digitale — rédacteur en chef adjoint
Journaliste auto depuis des années, avec un faible assumé pour les sports mécaniques et l’innovation mobilité.
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