
En Chine, Volkswagen a dévoilé un nouveau grand SUV électrique à autonomie étendue. Et la réponse a été immédiate : sur les réseaux sociaux, un dirigeant de Li Auto a lâché une phrase qui a fait mouche, en félicitant Volkswagen d’avoir réussi à industrialiser en six ans une technologie jugée « obsolète », « peu respectueuse de l’environnement » et au « potentiel de développement très limité ».
Le tacle vise directement le choix technique du groupe allemand : l’arrivée, tardive dans sa gamme, d’un système électrique à prolongateur d’autonomie (EREV).
Le modèle au cœur de la polémique s’appelle Volkswagen ID. Era 9X. Il a été développé par la coentreprise entre Volkswagen et SAIC Motor, et il marque un tournant : c’est un grand SUV familial à six places qui introduit chez Volkswagen une technologie jusque-là absente de sa gamme, le véhicule électrique à prolongateur d’autonomie (EREV).
Côté gabarit, l’ID. Era 9X affiche des dimensions très imposantes :
Avec ces proportions, il se rapproche davantage d’un grand SUV de luxe que des SUV électriques compacts de la gamme ID vendus en Europe.
Dans l’habitacle, Volkswagen mise sur une configuration 2+2+2 (six places) et sur une ambiance très techno :
Mais le vrai sujet, c’est ce qui se passe sous le capot.
Un EREV ne fonctionne pas comme un hybride classique. Ici, les roues sont entraînées par un ou deux moteurs électriques. Le moteur thermique, lui, ne sert qu’à produire de l’électricité quand la batterie faiblit.
Sur l’ID. Era 9X, ce rôle est confié à un moteur bien connu chez Volkswagen : le quatre-cylindres essence EA211. Il s’agit d’un 1,5 litre avec turbocompresseur à géométrie variable, fonctionnant selon le cycle Miller, pour une puissance annoncée d’environ 143 ch (105 kW). Point clé : il ne transmet aucune puissance directement aux roues. Il agit uniquement comme générateur pour alimenter la batterie et les moteurs électriques.
Volkswagen prévoit plusieurs configurations pour ce SUV :
Deux capacités de batterie sont mentionnées :
Avec la plus grande batterie, l’autonomie électrique dépasserait 400 km selon le cycle chinois CLTC (soit environ 340 km en WLTP). Et avec le réservoir d’essence qui alimente le générateur, l’autonomie totale pourrait dépasser 1 000 km.
Si Li Auto appuie aussi fort là où ça fait mal, c’est parce que Volkswagen a déjà tenu l’inverse. En 2020, un dirigeant de Volkswagen Chine expliquait que l’EREV était peu respectueux de l’environnement et avec un potentiel de développement limité. Le responsable R&D de Volkswagen Chine estimait également que ce type de solution appartenait déjà au passé.
À cette époque, les exemples occidentaux d’EREV restaient limités : Fisker Karma, Chevrolet Volt ou Opel Ampera. Malgré un concept jugé prometteur, ces modèles n’avaient pas trouvé un succès commercial durable.
De son côté, Li Auto avait déjà utilisé ces déclarations pour rappeler qu’en 2021, les ventes mensuelles de son SUV EREV Li One dépassaient les ventes combinées de cinq SUV Volkswagen sur le marché chinois.
Le marché chinois a changé vite, et l’EREV avec lui. Les véhicules électriques à prolongateur d’autonomie y progressent fortement : ils représentaient environ 5 % des ventes de véhicules rechargeables en Chine en 2024, puis 6 % du marché automobile total l’année suivante.
Résultat : des marques initialement focalisées sur la voiture électrique à batterie se mettent à adopter cette solution hybride. Même des constructeurs comme Smart explorent cette technologie, pour coller aux attentes des clients, où l’autonomie et la flexibilité énergétique restent des arguments clés.
Au-delà de la moquerie, l’épisode met en lumière un contraste : la réactivité des marques chinoises face aux attentes locales, comparée à celle de certains groupes occidentaux.
Dans ce cas précis, Volkswagen aura mis près de six ans entre ses critiques de l’EREV et l’arrivée d’un premier modèle de série. Et l’histoire ne devrait pas rester limitée à la Chine : des véhicules du même esprit pourraient apparaître ailleurs. Aux États-Unis, la marque Scout Motors prévoit de lancer en 2027 des modèles électriques équipés d’un générateur thermique pour prolonger l’autonomie.
Avec l’ID. Era 9X, Volkswagen assume un virage technologique en Chine au moment où l’EREV gagne du terrain. Entre bataille d’image, contraintes d’usage et évolution rapide du marché, cette affaire rappelle une règle simple : dans l’automobile, l’avenir appartient souvent à ceux qui s’adaptent le plus vite.
Le modèle s’appelle Volkswagen ID. Era 9X, un grand SUV familial à six places utilisant une technologie EREV (électrique à prolongateur d’autonomie).
Le Volkswagen ID. Era 9X utilise un quatre-cylindres essence EA211 de 1,5 litre d’environ 143 ch (105 kW), qui sert uniquement de générateur pour produire de l’électricité et n’entraîne pas les roues.
Deux batteries sont proposées : 51,1 kWh et 65,2 kWh. Avec la plus grande, l’autonomie électrique dépasserait 400 km (CLTC) (environ 340 km (WLTP)) et l’autonomie totale pourrait dépasser 1 000 km.

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