
Volkswagen chercherait à se séparer de sa division diesel, avec une nuance essentielle : il ne s’agit ni des moteurs diesel automobiles ni des utilitaires thermiques du groupe. La cible, ce serait Everllence (ex-Man Energy Solutions), une activité qui fabrique des moteurs diesel marins, mais aussi des turbines et des solutions énergétiques lourdes.
D’après plusieurs sources, des offres valoriseraient l’activité autour de 8 milliards d’euros, dette comprise (soit près de 9,4 milliards de dollars), un niveau présenté comme supérieur aux estimations initiales. Parmi les candidats cités figurent Blackstone, CVC Capital Partners, Brookfield et le motoriste japonais Yanmar. Plus inattendu : Porsche SE, principal actionnaire de Volkswagen, envisagerait aussi d’investir dans cette activité.
Pris de loin, vendre une activité liée au diesel peut sembler paradoxal, surtout au moment où Volkswagen maintient des gammes thermiques pour préserver ses marges. Mais Everllence reste une activité périphérique par rapport aux priorités automobiles du groupe.
Le contexte décrit est particulièrement tendu : Volkswagen coupe dans ses coûts, suspend des projets électriques et cherche à restaurer ses marges. Le groupe a aussi annoncé 35 000 suppressions de postes d’ici à 2030 et travaille sur une réduction de 20 % de ses coûts d’ici à 2028. Son modèle industriel historique, construit sur les volumes et sur la rentabilité de certains marchés (comme la Chine), est présenté comme étant sous pression.
Dans ce cadre, céder une activité industrielle décrite comme rentable mais secondaire pourrait permettre de « donner un peu d’air » au groupe. L’idée : renforcer la trésorerie, réduire l’endettement, ou concentrer les ressources sur l’automobile, le logiciel et les batteries. En clair, le diesel maritime pourrait contribuer à financer l’électrique côté automobile.
Sur le plan financier, l’opération pourrait rapporter entre 5 et 6 milliards d’euros nets selon certaines estimations. Volkswagen travaillerait avec Goldman Sachs et JPMorgan sur les options stratégiques liées à ce dossier.
Alors que le diesel automobile a été politiquement fragilisé en Europe et devient de plus en plus marginal dans les voitures neuves, cette possible vente montre aussi quelque chose d’important : des investisseurs semblent prêts à se disputer des moteurs industriels lourds.
La raison avancée est simple : ces activités offrent des flux de trésorerie stables, sont peu exposées aux ruptures technologiques rapides et restent essentielles au commerce mondial. Autrement dit, le diesel peut reculer dans les voitures tout en restant un actif stratégique dans l’industrie lourde.
Si la transaction se concrétise, elle illustrerait moins un « abandon » du diesel qu’un recentrage : Volkswagen ne tournerait pas la page de la combustion, mais chercherait à éviter de se disperser, au moment où le groupe est confronté à une crise décrite comme l’une des plus grosses de son histoire.
Cette vente potentielle d’Everllence ressemble à un arbitrage pragmatique : se délester d’une activité solide mais éloignée du cœur automobile, pour mieux traverser une période sous tension et concentrer l’effort sur les batailles à venir. Reste à voir si ce mouvement marquera le début d’une nouvelle discipline industrielle chez Volkswagen — et si ce « diesel d’ailleurs » peut réellement aider à accélérer la transformation de demain.
Everllence serait valorisée autour de 8 milliards d’euros, dette comprise.
Les candidats cités incluent Blackstone, CVC Capital Partners, Brookfield, le motoriste japonais Yanmar, ainsi que Porsche SE.
Everllence fabrique des moteurs diesel marins, ainsi que des turbines et des solutions énergétiques lourdes.

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