
Alors que l’industrie automobile européenne traverse l’une de ses phases les plus compliquées, un acteur français arrive encore à afficher un résultat franchement positif : Valeo. L’équipementier annonce un bénéfice net de 200 millions d’euros en 2025, soit +23 % par rapport à l’exercice précédent.
Pour atteindre ce niveau de performance, Valeo a misé sur une discipline de gestion très stricte. Le groupe — qui emploie plus de 100 000 personnes dans 28 pays — a notamment comprimé ses coûts, en particulier sur les frais commerciaux. Il a aussi accéléré la rationalisation et l’automatisation de son outil industriel.
Mais ce bon chiffre ne résume pas toute l’année : en 2025, les ventes mondiales de Valeo ont reculé de 2,7 %, à 20,9 milliards (d’après les chiffres officiels publiés par le groupe).
La partie “première monte” (les équipements destinés aux véhicules neufs) pèse lourd : 80 % du chiffre d’affaires total. Or, ce segment a lui aussi décroché, avec un chiffre d’affaires en baisse de 3,6 % sur l’année.
Plusieurs facteurs sont cités pour expliquer cette tendance : la concurrence des équipementiers chinois, les difficultés de certains constructeurs sur les véhicules électriques en Amérique du Nord et en Europe, ainsi que l’arrêt de projets d’aides à la conduite.
Côté régions, les ventes de Valeo sont restées stables en Europe et ont fortement progressé en Inde. À l’inverse, la dynamique est nettement moins favorable en Chine et en Amérique du Nord.
En Chine — un marché qui représente 14 % du chiffre d’affaires — les ventes ont chuté de 11,4 %. En Amérique du Nord, elles reculent aussi, de 5,5 %.
Quand on regarde division par division, les tendances restent orientées à la baisse :
Power (motorisation et électrification) : -3 %
Brain (aides à la conduite, équipements électroniques, etc.) : -2 %
Éclairage : -3 %, dans un contexte de concurrence très agressive, notamment venue de Chine.
Le tableau est donc contrasté : d’un côté, la Chine met sous pression les équipementiers européens ; de l’autre, elle peut aussi soutenir leur chiffre d’affaires grâce à une production automobile en hausse. Résultat : une forme d’hyper-dépendance dont l’Europe pourrait avoir du mal à se détacher rapidement.
Valeo montre qu’il est encore possible de dégager des profits au milieu d’une crise profonde, à condition de serrer les coûts et de transformer l’outil industriel. Reste que la baisse des ventes, le recul sur la “première monte” et la dépendance au marché chinois rappellent une réalité simple : l’équilibre est fragile. La suite se jouera sur la capacité du secteur à s’adapter vite — et à construire un modèle plus robuste pour les années à venir.
Valeo annonce un bénéfice net de 200 millions d’euros en 2025.
Les ventes mondiales de Valeo baissent de 2,7 % en 2025, à 20,9 milliards.
La Chine représente 14 % du chiffre d’affaires de Valeo, et les ventes y chutent de 11,4 %.

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