
Stellantis explore une piste inattendue pour remettre du souffle dans ses activités européennes fragilisées : ouvrir la porte à des partenaires chinois. Des discussions auraient été engagées avec Xiaomi et Xpeng pour imaginer des coopérations industrielles ou technologiques. Derrière ces échanges encore exploratoires, une question s’impose : comment rester compétitif en Europe face à la montée en puissance des constructeurs chinois.
Depuis 2021, Stellantis est le produit de la fusion entre Fiat Chrysler Automobiles et le Groupe PSA. Le groupe réunit quatorze marques réparties entre l’Europe et l’Amérique du Nord. Problème : les dynamiques économiques des deux régions ne évoluent plus au même rythme.
Alors que les investissements se concentrent de plus en plus sur les États-Unis, l’avenir des activités européennes soulève des interrogations. C’est dans ce contexte que Stellantis étudierait plusieurs formes de coopération avec des acteurs chinois.
D’après des informations rapportées par Bloomberg, des dirigeants de Stellantis auraient engagé des discussions avec Xiaomi et Xpeng. Les échanges, encore au stade exploratoire, couvriraient différents scénarios : de simples partenariats technologiques à des prises de participation dans certaines activités européennes.
Parmi les hypothèses évoquées : une possible entrée au capital de certaines marques du groupe, dont Maserati. D’autres pistes mentionnent un accès aux capacités industrielles de Stellantis en Europe, ou une coopération plus poussée sur les technologies électriques et logicielles.
Stellantis n’a pas confirmé l’existence de ces discussions. Dans une déclaration officielle, le groupe rappelle seulement qu’il échange régulièrement avec de nombreux acteurs de l’industrie automobile afin d’offrir « les meilleures solutions de mobilité » à ses clients.
Mais ces rumeurs collent à une réalité industrielle tendue : les marques européennes du groupe (comme Peugeot, Fiat ou Opel) font face à un trio compliqué — surcapacité industrielle, concurrence accrue et coûts élevés liés à la transition vers le véhicule électrique.
En Europe, l’héritage industriel de la fusion PSA-FCA est lourd à porter. Stellantis dispose de nombreuses usines, mais elles ne fonctionnent pas toujours à pleine capacité, ce qui pèse sur la rentabilité. Dans certains sites, l’activité a ralenti et une partie du personnel se retrouve en chômage partiel.
En parallèle, la transition vers l’électrique se révèle plus coûteuse et plus lente qu’espéré. Et sur le plan technologique, les constructeurs occidentaux accusent un retard face aux industriels chinois, notamment sur les batteries et les logiciels embarqués.
Les constructeurs chinois sont portés par des politiques industrielles massives et une intégration verticale très poussée de leur chaîne d’approvisionnement. Des groupes comme BYD ont ainsi réussi à réduire drastiquement les coûts de production des véhicules électriques.
Pour Stellantis, l’accès à ces technologies pourrait donc devenir un avantage stratégique.
De leur côté, les industriels chinois cherchent activement à s’implanter en Europe. Le marché européen est un débouché attractif, notamment pour amortir la guerre des prix qui secoue le marché automobile chinois.
Mais ces groupes doivent aussi composer avec de nouvelles barrières commerciales : l’Union européenne a instauré des droits de douane sur les véhicules électriques importés de Chine, ce qui incite à produire directement sur le continent.
Dans ce contexte, mettre un pied dans les infrastructures existantes de Stellantis serait un accélérateur majeur. Construire une usine en Europe peut prendre plusieurs années, entre procédures administratives et contraintes réglementaires. Utiliser des installations déjà en place permettrait de gagner un temps considérable.
Certains acteurs ont commencé à suivre ce type de stratégie : Xpeng, par exemple, a conclu un partenariat avec Magna Steyr pour assembler certains modèles en Autriche. De son côté, Xiaomi préparerait son expansion internationale à partir de 2027.
Ces discussions s’inscrivent aussi dans un mouvement stratégique de fond. Depuis la nomination d’Antonio Filosa à la direction générale en 2025, le centre de gravité de Stellantis s’est progressivement déplacé vers l’Amérique du Nord.
Le groupe a engagé environ 13 milliards de dollars d’investissements pour renouveler les gammes de ses marques américaines, notamment Jeep, Ram, Chrysler et Dodge.
En parallèle, Stellantis a dû encaisser des charges exceptionnelles considérables. Le groupe a annoncé 22,2 milliards d’euros de dépréciations et de charges exceptionnelles, notamment liées à un ralentissement de sa stratégie d’électrification et à l’annulation de plusieurs projets industriels.
Ces décisions ont entraîné une chute brutale de la valorisation boursière : Stellantis a perdu près d’un quart de sa valeur en une seule séance. Malgré tout, la direction insiste : il n’est pas question de scinder l’entreprise entre Europe et Amérique. Le groupe affirme que ces spéculations sont « totalement infondées ».
Pour l’instant, les discussions avec Xiaomi et Xpeng restent incertaines, et aucun accord n’a été annoncé. Mais elles illustrent la pression qui s’accumule : transformation électrique, concurrence mondiale et marché qui change vite.
Stellantis doit repenser son modèle industriel en Europe, et les coopérations technologiques ou industrielles pourraient devenir un levier clé pour rester dans la course. La suite pourrait redessiner le paysage automobile européen — et ouvrir, peut-être, une nouvelle ère de collaborations inattendues.
Stellantis aurait engagé des discussions avec Xiaomi et Xpeng.
Les scénarios évoqués vont de partenariats technologiques à des prises de participation dans certaines activités européennes, avec aussi l’idée d’un accès aux capacités industrielles en Europe.
Stellantis a annoncé 22,2 milliards d’euros de dépréciations et de charges exceptionnelles.

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