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Ces voitures existent (vraiment) en France… mais elles se vendent dans l’anonymat total

Ces voitures existent (vraiment) en France… mais elles se vendent dans l’anonymat total

Mois après mois, on parle surtout des stars du marché français, celles qui empilent les immatriculations. Mais si on fait défiler les classements… jusqu’en bas, l’histoire devient beaucoup plus étrange : certains modèles ne trouvent presque aucun client, parfois sur une année entière. Et non, il ne s’agit pas forcément de marques disparues ou de voitures introuvables. Voici cinq modèles bien présents au catalogue, mais quasi invisibles sur nos routes.

Ineos Grenadier : le baroudeur (trop) pur et dur

Sa silhouette parle immédiatement aux amateurs : l’Ineos Grenadier reprend presque trait pour trait l’esprit du Land Rover Defender d’ancienne génération. Sauf qu’en pratique, il ne profite pas du tout de cette aura : un seul Grenadier a été vendu en France en 2025.

Pourtant, sur le papier, la recette est carrée : une gamme de versions très large (utilitaire deux places rustique, familial cinq places, pick-up, châssis-cabine), et de vrais équipements de franchissement (blocages de différentiel avant et arrière, rapports courts, treuil). Il embarque aussi des motorisations BMW éprouvées, ainsi qu’une boîte ZF à huit rapports.

Le Grenadier existe aussi en version pick-up.
Le Grenadier se décline en plusieurs variantes, dont ce pick-up.

Alors pourquoi ce désert commercial ? Parce que la clientèle pour les franchisseurs “purs et durs” est minuscule, et surtout parce que la facture peut calmer net : la version la plus rustique démarre à 72 140 €, auxquels s’ajoutent un malus CO₂ de 80 000 € ainsi qu’un malus au poids.

Hyundai Nexo : l’hydrogène, la niche dans la niche

La première génération n’avait déjà pas rencontré le succès. Malgré ça, Hyundai a présenté une seconde génération de Nexo. Sur le principe, l’idée surprend : comment un SUV familial d’une marque bien implantée peut autant se planter ? La réponse tient en un mot : hydrogène.

Entre le prix, le manque de réseau de distribution et la défiance envers cette technologie, le Nexo part avec de sérieux handicaps. Il pousse même la logique du produit de niche jusqu’au bout avec un style très singulier, presque “concept-car”, difficile à confondre avec autre chose.

Le Hyundai Nexo de seconde génération, un SUV à hydrogène au style très atypique.
Malgré l’échec de la première génération, une nouvelle version du Nexo a été dévoilée.

Côté réalité du terrain, les obstacles s’additionnent : malgré 4,75 m de long et une dotation très fournie, il se vend à plus de 70 000 €, et le réseau de ravitaillement ne compte qu’à peine une cinquantaine de stations en France. Résultat : en 2025, Hyundai n’en a vendu aucun dans le pays.

Lotus Emira : une sportive attachante, mais le marché se ferme

Lotus reste un nom fort pour les passionnés. Et l’Emira fait figure de “résistante” : depuis l’arrêt des Elise et Exige, c’est la dernière Lotus à l’ancienne, un coupé sportif au poids contenu, pensé d’abord pour le plaisir de conduite.

Le résultat est décrit comme réussi : ligne dynamique mais élégante, gabarit contenu, habitacle soigné. C’est aussi le seul modèle thermique actuellement au catalogue de la marque. Sous le capot, elle propose des mécaniques de choix : un quatre-cylindres 2.0 L de Mercedes A45 AMG et un V6 compressé d’origine Toyota.

La Lotus Emira, un coupé sportif pénalisé par un malus important.
Sportive attachante, l’Emira ne parvient pas à faire oublier la pénalité financière.

Au volant, si ce n’est pas la reine du quotidien, elle sait enchanter en conduite sportive. Mais la sanction tombe : en 2025, seuls trois acheteurs ont craqué. La faute à un malus jugé prohibitif, et aussi à une concurrence qui aspire ce micro-marché, notamment une Alpine A110 qui a cannibalisé ce segment de niche.

Suzuki Across : quand le clone ne prend pas

Toyota et Suzuki collaborent depuis quelques années, et pour les clients, ça se traduit par des modèles jumeaux. Logique industrielle : reprendre un véhicule existant pour enrichir la gamme plus vite et à moindre coût. Dans ce cas précis, Suzuki a rebadgé le Toyota RAV4 pour en faire l’Across.

Les différences sont limitées : surtout l’avant (optiques et bouclier redessinés). À l’intérieur, c’est encore plus discret : le logo sur le volant.

Le Suzuki Across se distingue du Toyota RAV4 par une face avant légèrement différente.
Pour se différencier de son cousin, l’Across modifie surtout sa calandre et sa signature avant.

Sur le fond, l’offre a pourtant des arguments : un SUV hybride rechargeable bien équipé et homogène. Il n’existe qu’avec une seule motorisation : un quatre-cylindres essence associé à un moteur électrique de 54 ch, pour une puissance cumulée de 306 ch et 270 Nm. L’autonomie électrique annoncée est de 75 km WLTP grâce à une batterie de 18,1 kWh.

Mais face au RAV4, la copie ne suffit pas à convaincre : un seul Across a été vendu neuf en France en 2025, contre 6 218 RAV4.

Aiways U6 : l’électrique que personne ne croise

Pendant que plusieurs constructeurs chinois s’installent en France avec un certain succès, Aiways reste une grande absente du paysage. Son deuxième modèle, l’U6, a été présenté avec l’ambition de faire connaître la marque au-delà de ses frontières. Un pari déjà compliqué, car même sur son marché d’origine, le constructeur était outsider face aux leaders.

L’U6 a pourtant quelques cartes : un look de SUV coupé original, un habitacle à la présentation soignée et un équipement complet. Mais la fiche technique montre aussi ses limites : une seule motorisation électrique de 218 ch, associée à une batterie de 63 kWh qui ne lui permet que 400 km d’autonomie, en retrait face à la concurrence.

L’Aiways U6, un SUV coupé électrique très rare sur le marché français.
L’U6 se vend si peu qu’on pourrait croire qu’il n’est plus au catalogue.

Affiché à partir de 46 990 €, il se retrouve en concurrence directe avec un mastodonte : le Tesla Model Y, parmi les véhicules électriques les plus vendus au monde. Et avec un réseau inexistant, sa présence devient quasi fantomatique. Les chiffres résument tout : ses ventes ont été divisées par trois entre 2024 et 2025, passant de trois exemplaires vendus à un seul.

Conclusion : quand “être au catalogue” ne suffit plus

Ces cinq modèles montrent une réalité simple : la disponibilité ne garantit pas la visibilité. Entre pénalités financières, infrastructures qui manquent, concurrence interne ou clones trop proches des originaux, certains véhicules deviennent presque des légendes urbaines… alors qu’ils sont bien vendus. Et demain, à mesure que les technologies et les règles évoluent, il sera fascinant de voir quelles voitures réussiront à sortir de l’ombre.

Foire aux Questions

Combien d’exemplaires de l’Ineos Grenadier ont été vendus en France en 2025 ?

Un seul Ineos Grenadier a été vendu en France en 2025.

Pourquoi le Hyundai Nexo se vend-il si mal en France ?

Il fonctionne à l’hydrogène, avec un prix à plus de 70 000 € et un réseau de ravitaillement d’à peine une cinquantaine de stations en France.

Quelle est la motorisation du Suzuki Across et quelle autonomie électrique annonce-t-il ?

Un quatre-cylindres essence associé à un moteur électrique de 54 ch, pour 306 ch cumulés, avec 75 km WLTP d’autonomie électrique grâce à une batterie de 18,1 kWh.

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