Quelques jours après avoir présenté les partenariats comme un pilier de sa future stratégie, Stellantis passe déjà aux actes. Le groupe annonce un renforcement majeur de sa coopération historique avec le constructeur chinois Dongfeng Motor autour de Peugeot et Jeep en Chine.
Au-delà de l’effet d’annonce, le message est clair : après des années de retrait progressif, la Chine redevient un levier stratégique pour Stellantis, dans la ligne portée par Antonio Filosa.
Pour comprendre ce virage, il faut remonter dans le temps. Le partenariat entre PSA (puis Stellantis) et Dongfeng Motor ne date pas d’hier : il naît en 1992 autour de la coentreprise DPCA (Dongfeng Peugeot-Citroën Automobile).
Cette relation avait pris une dimension encore plus stratégique quand Dongfeng était entré au capital de PSA en 2012 pour participer à son sauvetage financier.
Malgré cet héritage, pendant plusieurs années Stellantis a semblé accepter un rôle plus discret en Chine. Le partenariat avec Dongfeng, longtemps central pour PSA puis Stellantis, s’est progressivement marginalisé sous l’effet de l’effondrement des ventes locales et de la montée en puissance des constructeurs chinois.
L’usine de Wuhan tournait très largement en sous-capacité. Et l’ancien PDG Carlos Tavares assumait une approche prudente vis-à-vis du marché chinois : privilégier la rentabilité plutôt qu’une course coûteuse aux volumes.
Le ton change clairement. Stellantis et Dongfeng annoncent un nouvel accord stratégique visant à renforcer leur coopération historique de 34 ans autour de la coentreprise DPCA.
Objectif : produire en Chine de nouveaux modèles Peugeot et Jeep électrifiés, destinés à la fois au marché chinois et à l’exportation.
Dans le concret, le projet prévoit de produire à Wuhan, à partir de 2027, deux nouveaux véhicules électrifiés Peugeot inspirés des derniers concept-cars présentés au salon de Pékin 2026.
En parallèle, deux nouveaux véhicules Jeep électrifiés à vocation mondiale doivent aussi sortir de cette usine. Stellantis parle cette fois explicitement de modèles destinés aux « marchés globaux », signe que le site chinois retrouve un rôle stratégique dans l’organisation industrielle du groupe.
Le projet représente plus de 8 milliards de yuans d’investissement (environ 1 milliard d’euros). La contribution directe de Stellantis reste toutefois plus limitée, autour de 130 millions d’euros.
Cette annonce confirme également une tendance déjà évoquée : toutes les marques de Stellantis ne sont pas traitées au même niveau de priorité. Peugeot et Jeep, citées parmi celles appelées à concentrer une grande partie des investissements, se retrouvent justement au centre de ce projet en Chine.
Le calendrier de cette annonce fait écho aux déclarations récentes d’Antonio Filosa, qui expliquait que les partenariats deviendraient un élément central de la future stratégie du groupe.
Depuis son arrivée, le nouveau patron multiplie les signaux d’ouverture vis-à-vis des constructeurs chinois. Après l’extension du partenariat avec Leapmotor en Europe, notamment autour de la production locale de véhicules électriques, Dongfeng prend désormais une place très visible comme deuxième pilier de cette approche.
Ce changement de posture est important : pendant longtemps, l’industrie automobile européenne a surtout regardé les groupes chinois comme des concurrents menaçants. Stellantis semble désormais adopter une logique plus pragmatique : s’appuyer sur les capacités industrielles, les technologies électriques et les coûts de développement chinois comme levier stratégique.
Officiellement, l’accord se concentre sur Wuhan et la relance de DPCA. Mais, en recoupant les signaux des dernières semaines, le mouvement dépasse la Chine et fait aussi écho aux interrogations autour de l’avenir industriel européen de Stellantis.
Fin avril, l’idée avait déjà été évoquée : certains partenaires chinois pourraient utiliser des usines européennes de Stellantis pour produire leurs propres modèles. Une stratégie déjà amorcée avec Leapmotor, dont certains véhicules doivent être assemblés dans des sites Stellantis en Europe.
Dongfeng pourrait aussi suivre une trajectoire similaire, d’autant que son nom a été évoqué dans le contexte d’éventuelles discussions avec d’autres constructeurs chinois, comme Xpeng ou Xiaomi.
Au fil de ces mouvements — Leapmotor d’un côté, Dongfeng de l’autre — Stellantis semble transformer ce qui était devenu un problème stratégique en Chine en nouvel outil industriel. Une évolution qui tranche avec la doctrine défendue sous l’ère Carlos Tavares.
En remettant Peugeot et Jeep au centre d’un projet industriel à Wuhan et en assumant une logique de coopération plus ouverte, Stellantis envoie un signal net : la Chine n’est plus seulement un marché compliqué, mais un terrain d’opportunités pour produire, apprendre et se repositionner.
La suite dépendra de la capacité du groupe à transformer ces alliances en modèles concrets et compétitifs — et à faire de cette nouvelle stratégie un accélérateur durable pour l’avenir.
Produire en Chine de nouveaux modèles Peugeot et Jeep électrifiés destinés au marché chinois et à l’exportation.
À Wuhan, via la coentreprise DPCA.
Plus de 8 milliards de yuans (environ 1 milliard d’euros) sont annoncés, avec une contribution directe de Stellantis d’environ 130 millions d’euros.
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