
Antonio Filosa doit présenter aux investisseurs une nouvelle feuille de route pour Stellantis. Depuis des mois, le groupe occupe le terrain médiatique avec ses partenariats en Chine, entre Leapmotor et d’éventuelles coopérations supplémentaires. Mais derrière ce récit très visible, une autre urgence se dessine : la relance de l’autre côté de l’Atlantique, là où une partie clé des marges s’est historiquement jouée.
Le contexte est tendu sur plusieurs fronts. En Europe, Stellantis doit gérer une transition vers l’électrique qui s’annonce compliquée. En Chine, le groupe enchaîne les rapprochements industriels, avec Leapmotor et une relance de coopération avec Dongfeng. Et sur certains marchés émergents, la concurrence monte vite. Malgré tout, plusieurs signaux suggèrent que l’urgence la plus pressante pourrait être ailleurs.
Reuters indique qu’Antonio Filosa doit détailler une stratégie pour remettre le groupe sur de meilleurs rails après une période plus difficile. L’action Stellantis avait notamment touché un point bas en mars, tandis que le constructeur a perdu du terrain sur plusieurs marchés majeurs.
Depuis la création de Stellantis, l’Amérique du Nord tient une place à part dans son modèle économique. Les marques Jeep et Ram ont longtemps été de véritables machines à rentabilité : des modèles plus grands, plus valorisés, et traditionnellement plus rentables qu’en Europe.
Et c’est précisément ce qui explique pourquoi la relance des ventes aux États-Unis ressemble aujourd’hui à une priorité. Toujours selon Reuters, la stratégie évoque l’arrivée du nouveau Jeep Cherokee, ainsi que de futurs pick-up compacts et intermédiaires pour combler certains trous dans la gamme.
Le sujet ne se limite pas à “vendre plus”. Une partie importante de la capacité d’investissement du groupe dépend de sa faculté à générer des marges élevées — et historiquement, les États-Unis jouaient largement ce rôle de locomotive.
Stellantis a déjà commencé à envoyer des signaux concrets aux États-Unis. Début 2026, le groupe a décidé d’accroître fortement la production de son V8 Hemi, avec un objectif supérieur à 100 000 exemplaires par an pour répondre à une demande plus forte qu’attendu.
Le retour de ce moteur sur le Ram 1500 aurait généré plus de 50 000 demandes. Au-delà du symbole, le message est limpide : pendant que l’Europe parle surtout électrification, une part importante du marché américain reste attachée aux gros pick-up et aux motorisations traditionnelles.
En parallèle, Stellantis continue de communiquer intensément sur la Chine : renforcement du partenariat avec Leapmotor, coopération industrielle avec Dongfeng, et ouverture implicite à d’autres accords potentiels.
Une source citée par Reuters indique que la présentation de Filosa devrait contenir “beaucoup de Chine”. Mais ces partenariats pourraient répondre d’abord à des besoins industriels : réduire certains coûts, améliorer l’accès aux technologies électriques, ou utiliser des capacités de production disponibles.
En clair, la Chine pourrait davantage jouer le rôle d’accélérateur que celui de centre de gravité économique. Malgré l’attention portée à l’Asie, les États-Unis semblent conserver une place unique dans la stratégie globale du groupe.
Antonio Filosa devra aussi clarifier la trajectoire des quatorze marques de Stellantis. Il a récemment été question d’investissements davantage concentrés autour de quelques piliers majeurs — comme Jeep, Ram, Peugeot et Fiat — sans pour autant abandonner les autres.
Mais avant même cette réorganisation à grande échelle, le point critique paraît plus immédiat : Stellantis peut multiplier les alliances technologiques et rationaliser ses investissements, mais si la locomotive américaine ralentit durablement, le reste de la stratégie risque de montrer rapidement ses limites.
Entre transition électrique en Europe, coopération industrielle en Chine et pression concurrentielle sur plusieurs marchés, Stellantis doit jouer sur plusieurs tableaux. Mais l’équilibre financier du groupe continue de dépendre fortement de sa capacité à refaire tourner la machine américaine, là où les marges ont longtemps fait la différence. Les prochaines orientations diront si Stellantis parvient à relancer cette locomotive — et à transformer ses partenariats en vrais leviers pour la suite.
Jeep et Ram ont longtemps constitué des moteurs de rentabilité particulièrement efficaces, grâce à des modèles plus grands, plus valorisés et traditionnellement plus rentables qu'en Europe.
Stellantis vise un objectif supérieur à 100 000 exemplaires annuels pour la production de son V8 Hemi.
Le retour du V8 Hemi sur le Ram 1500 aurait généré plus de 50 000 demandes.

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