
Malgré l’annulation ou le ralentissement de plusieurs projets liés aux véhicules électriques, Stellantis ne compte pas lever le pied sur l’innovation. Le groupe prévoit de maintenir un niveau élevé de dépôts de brevets, d’après sa directrice de l’innovation, Anne Laliron. Cette prise de parole arrive peu après l’annonce d’un "reset" stratégique qui a entraîné 22,2 milliards d’euros de dépréciations.
Chaque année, fin mars, l’Institut National de la Propriété Intellectuelle (INPI) publie le classement des entreprises qui déposent le plus de brevets en France. En 2025, Stellantis a déposé 1 294 brevets dans l’Hexagone, soit environ la moitié de ses dépôts mondiaux, toujours selon Anne Laliron. C’est quasiment stable par rapport à 2024, quand le groupe affichait 1 289 demandes.
Cette constance surprend, parce que Stellantis a reconnu avoir surestimé la vitesse de la transition vers l’électrique. Plusieurs projets autour des batteries ou des capacités industrielles ont été revus, cédés ou redimensionnés, notamment en Amérique du Nord. Pourtant, le message est clair : l’entreprise veut continuer à sécuriser ses idées. Anne Laliron affirme aussi qu’Antonio Filosa est très favorable à la promotion de la créativité et à la protection des innovations.
Le contraste est frappant. D’un côté, Stellantis a enregistré une perte nette historique de 22,3 milliards d’euros en 2025, largement liée à des dépréciations d’actifs électriques. De l’autre, le groupe revendique une continuité dans sa stratégie de propriété intellectuelle.
En réalité, les deux mouvements peuvent aller ensemble. Le "reset" porté par Antonio Filosa ne signifie pas un abandon total de l’électrique, mais plutôt un rééquilibrage vers une offre multi-énergies, avec la notion de "liberté de choix" mise en avant. Dans ce cadre, l’innovation ne se limite pas à la batterie : elle concerne aussi l’hybridation, des motorisations thermiques optimisées, les logiciels embarqués et les aides à la conduite.
Continuer à déposer beaucoup de brevets permet aussi de préserver un avantage compétitif à moyen terme, dans un secteur où la propriété intellectuelle peut peser lourd dans la balance.
À quelques semaines de l’Investor Day du 21 mai 2026, où Antonio Filosa doit détailler sa nouvelle feuille de route, cette communication a un objectif possible : rassurer. Le groupe ajuste sa trajectoire industrielle, mais ne renonce pas à investir dans l’innovation.
Dans un contexte de transition énergétique plus lente que prévu et de concurrence mondiale intense, Stellantis cherche à concilier discipline financière et maintien de sa capacité technologique. Le "reset" n’est donc pas présenté comme un coup d’arrêt, mais plutôt comme la fin d’une phase d’expansion rapide, au profit d’une approche plus prudente : consolidation et protection des innovations.
Stellantis donne l’image d’un groupe qui revoit sa copie sur l’électrique sans lâcher l’essentiel : sa capacité à inventer, à protéger et à préparer la suite. Si la stratégie multi-énergies s’installe, la vraie question devient alors : quelles innovations sortiront en premier du lot… et lesquelles changeront vraiment la manière de conduire demain ?
Stellantis a déposé 1 294 brevets en France en 2025.
La France représente environ la moitié des dépôts mondiaux de Stellantis en 2025.
La perte nette historique de Stellantis en 2025 est de 22,3 milliards d’euros.

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