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Stellantis encaisse une perte record… et change de cap sur l’électrique

Stellantis encaisse une perte record… et change de cap sur l’électrique

Avec 22,3 milliards d’euros de perte nette en 2025, Stellantis signe l’un des plus lourds déficits jamais enregistrés par un groupe coté à Paris. Mais derrière ce chiffre spectaculaire, le constructeur met surtout en avant un tournant : avoir surestimé la vitesse de la transition électrique et vouloir désormais remettre la « liberté de choix » au centre de sa gamme. Un changement de cap qui dépasse largement une simple histoire de comptabilité.

Antonio Filosa dévoile la feuille de route de Stellantis
Antonio Filosa doit présenter une nouvelle feuille de route pour les années à venir.

Des ventes en légère hausse, mais une rentabilité qui s’effondre

Sur le papier, Stellantis ne s’est pas écroulé en volume : le groupe a vendu 5,48 millions de véhicules, soit un léger mieux qu’en 2024 (+1 %). Pourtant, l’argent généré par voiture a reculé, notamment au premier semestre, avec des prix revus à la baisse. Au final, le chiffre d’affaires 2025 atteint 153,5 milliards d’euros, en baisse de 2 %.

Le chiffre qui frappe, c’est la perte nette de 22,3 milliards d’euros. Elle vient surtout de 25,4 milliards d’euros de charges exceptionnelles. Autrement dit, il ne s’agit pas uniquement d’une activité « qui perd de l’argent » au quotidien : ce sont surtout des dépréciations et ajustements liés à un changement stratégique majeur.

Et même en mettant ces charges de côté, la performance reste très faible : la marge opérationnelle courante ressort à -0,5 %, avec un résultat opérationnel de -842 millions d’euros. En clair, en 2025, le groupe a quasiment fait du sur-place côté rentabilité.

Le déclic : une transition électrique jugée trop rapide

Le point central est résumé par une reconnaissance nette : Stellantis admet avoir surestimé le rythme de la transition énergétique. Le groupe avait investi massivement dans les véhicules électriques et les capacités de production associées. Problème : la demande, notamment en Amérique du Nord, n’a pas suivi au rythme espéré.

Conséquences concrètes : certains outils industriels se retrouvent surdimensionnés, certains projets de batteries sont revus ou cédés, et la stratégie produit est recalibrée. Ce « reset » représente à lui seul environ 22,2 milliards d’euros de charges. Cela inclut la réorganisation de la chaîne d’approvisionnement électrique, des ajustements de provisions et des restructurations en Europe.

Attention : ce virage ne signe pas l’abandon de l’électrique. Il marque plutôt la fin d’une trajectoire qui semblait partir droit vers le tout-batterie. À la place, Stellantis met en avant une approche multi-énergie : électrique, mais aussi hybride et thermique.

La « liberté de choix » devient le nouveau mantra

Dans la communication du groupe, une expression revient à plusieurs reprises : la liberté de choix. L’idée est directe : au lieu de pousser prioritairement l’électrique, Stellantis veut coller davantage à la demande réelle des clients, région par région.

Aux États-Unis, cela se traduit par la relance de modèles thermiques, dont des pick-up et des muscle cars avec le V8 Hemi. En Europe, l’électrique progresse toujours, mais les hybrides et même certaines motorisations diesel reviennent dans le jeu.

Le groupe a aussi acté le retour des Alfa Romeo Giulia et Stelvio Quadrifoglio animés par le V6 2.9 de 520 ch, malgré un malus de 80 000 € en France. Le message est clair : Stellantis veut pouvoir proposer plusieurs technologies, au lieu d’un seul chemin obligatoire.

Alfa Romeo Giulia et Stelvio Quadrifoglio, symbole de la liberté de choix chez Stellantis
Chez Alfa Romeo, la prolongation des versions Quadrifoglio illustre la « liberté de choix » revendiquée par le groupe.

Un contexte mondial qui bouge… et qui pèse sur la demande

Ce repositionnement intervient alors que les règles changent selon les pays : les aides publiques apparaissent ou diminuent, et les politiques débattent des normes. Résultat : la demande peut varier rapidement, ce qui rend risqué de miser sur une seule solution.

Dans ce climat, 2025 ressemble à un moment de désenchantement partiel pour l’industrie électrique — et pas uniquement pour Stellantis.

Des signaux plus encourageants en fin d’année

Tout n’est pas sombre pour autant. Au second semestre, les facturations atteignent 2,8 millions de véhicules, soit +11 % sur un an. En Amérique du Nord, les volumes progressent de 39 %. Le chiffre d’affaires du second semestre grimpe de 10 %.

Le free cash-flow industriel reste négatif sur l’année (-4,5 milliards d’euros), mais il s’améliore nettement au second semestre (-1,5 milliard). Et Stellantis conserve 46 milliards d’euros de liquidités industrielles, un niveau présenté comme un filet de sécurité pour le bilan.

« Au cours du second semestre de l’année, nous avons commencé à voir les premiers signes positifs de progrès à la suite de nos actions d’amélioration de la qualité, du lancement réussi de notre vague de nouveaux produits à l’origine d’un retour à la croissance du chiffre d’affaires » explique Antonio Filosa.

Pour 2026, Stellantis vise une croissance modérée du chiffre d’affaires, une marge opérationnelle redevenue positive (mais faible) et une amélioration progressive de la trésorerie. Une prochaine étape importante doit aussi servir de vitrine à cette nouvelle trajectoire : la présentation du plan stratégique lors de l’Investor Day 2026 à Auburn Hills, dans le Michigan.

Conclusion

Stellantis traverse une zone de turbulences massive, mais le mouvement de fond est plus intéressant qu’un simple chiffre de perte : le groupe rebat ses cartes et veut ajuster sa gamme au rythme réel du marché, sans s’enfermer dans une seule technologie. Les prochains mois diront si cette « liberté de choix » peut transformer un reset coûteux en nouveau départ — et redonner de l’élan à une industrie en pleine bascule.

Foire aux Questions

Quelle perte nette Stellantis annonce-t-il pour 2025 ?

22,3 milliards d’euros de perte nette en 2025.

D’où viennent principalement les pertes de Stellantis en 2025 ?

25,4 milliards d’euros de charges exceptionnelles expliquent l’essentiel de la perte, liées à des dépréciations et des ajustements associés à un changement stratégique majeur.

Quel moteur équipe les Alfa Romeo Giulia et Stelvio Quadrifoglio évoquées dans la stratégie « liberté de choix » de Stellantis ?

Un V6 2.9 de 520 ch.

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