
Alors que les tensions au Moyen-Orient ont contribué à faire grimper les prix du pétrole et des carburants, certains acteurs ont su profiter d’un marché sous pression. TotalEnergies aurait ainsi engrangé plus d’un milliard de dollars en quelques semaines grâce à des opérations de trading qui anticipaient de possibles perturbations. Une performance spectaculaire, pendant que les automobilistes, eux, voyaient les prix à la pompe s’envoler.
D’après des informations relayées notamment par le Financial Times, TotalEnergies aurait réalisé plus d’un milliard de dollars de gains en quelques semaines via des opérations de trading sur le pétrole.
Le groupe aurait massivement acheté, dès le mois de mars, environ 70 cargaisons de brut en provenance du Moyen-Orient — soit près de 34 millions de barils — avec des livraisons prévues en mai.
Ces achats se situent dans un contexte de tensions croissantes dans la région, notamment autour du détroit d’Ormuz, un passage stratégique pour le commerce mondial d’hydrocarbures.
« Il s’agit potentiellement de la plus importante prise de position jamais réalisée dans l’histoire des marchés pétroliers », a déclaré Adi Imsirovic, maître de conférences en systèmes énergétiques à l’Université d’Oxford, au Financial Times.
Contacté à propos de ces opérations, TotalEnergies n’a pas souhaité commenter ses activités de négoce.
Pour comprendre pourquoi ce type d’opération peut rapporter gros, il faut regarder comment fonctionne le marché pétrolier quand la situation se dégrade. Le détroit d’Ormuz concentre à lui seul environ 20 % des flux mondiaux de pétrole : dès que le risque monte dans cette zone, l’effet se répercute vite sur les volumes disponibles… et sur la façon dont les prix se forment.
Début mars, certaines références de brut utilisées pour établir le prix du pétrole au Moyen-Orient ont été temporairement écartées en raison des risques liés au transport maritime.
Conséquence directe : une réduction des volumes réellement disponibles sur le marché, et donc une liquidité plus faible. Dans ce genre de configuration, ceux qui peuvent mobiliser rapidement de gros volumes ont plus de marge pour peser sur les échanges.
C’est précisément dans cette fenêtre que TotalEnergies aurait pris position, en accumulant suffisamment de contrats pour constituer des cargaisons complètes, là où d’autres acteurs ne pouvaient pas suivre.
Avec un marché plus étroit et plus volatil, cette stratégie aurait été particulièrement favorable. Et ces prises de position se seraient déroulées alors que les marchés anticipaient déjà des perturbations majeures dans la région.
Sur le papier, ces opérations de trading relèvent d’une logique différente de celle qui détermine les prix à la pompe. Mais côté automobilistes, le rapprochement est presque automatique : au moment où certains acteurs réalisent de gros gains, le coût du plein augmente.
Dans les faits, la hausse des prix des carburants résulte d’un ensemble de facteurs : l’évolution du prix du brut, mais aussi les coûts de raffinage, de distribution et la fiscalité.
Le négoce pétrolier, lui, obéit à des logiques d’anticipation et de gestion des risques, capables de générer des profits importants en période de forte volatilité. Reste un constat difficile à ignorer : quand le marché se déséquilibre, certains savent transformer la tension en opportunité, pendant que les consommateurs en subissent directement les effets.
Et sur le terrain, les tensions se voient aussi très concrètement : ces derniers jours, de nombreuses stations ont connu des ruptures ponctuelles, prises d’assaut en raison de prix plus attractifs que la concurrence suite au « déplafonnement » des prix. Preuve qu’un marché sous pression peut créer, pour une même entreprise, des opportunités… et des complications dans le réseau.
Cette séquence met en lumière un marché pétrolier capable de basculer très vite : quelques tensions géopolitiques, une liquidité réduite, et les stratégies de trading peuvent prendre une ampleur hors norme — pendant que les prix à la pompe rappellent, eux, la réalité du quotidien. À l’avenir, la question restera la même : comment rendre ce système plus lisible pour ceux qui en paient le prix, sans en maîtriser les règles ?
TotalEnergies aurait réalisé plus d’un milliard de dollars de gains en quelques semaines grâce à des opérations de trading sur le pétrole.
TotalEnergies aurait acheté environ 70 cargaisons de brut en provenance du Moyen-Orient, soit près de 34 millions de barils, destinées à être livrées en mai.
Le détroit d’Ormuz concentre environ 20 % des flux mondiaux de pétrole.

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