
Alors que le prix du carburant continue de grimper, le gouvernement pourrait annoncer une idée simple sur le papier : encadrer les marges des distributeurs en station-service pour faire baisser la facture à la pompe. Problème : selon plusieurs éléments évoqués dans le débat, cette piste ressemble surtout à un écran de fumée, avec un impact très limité sur les tarifs.
Dans le meilleur des cas, l’effet attendu pour les conducteurs serait une baisse moyenne de cinq centimes par litre. Un coup de pouce qui paraît mince, alors que, dans de nombreuses stations, le litre de sans-plomb et de gazole dépasse encore 2 € en moyenne dans l’Hexagone.
Interrogé sur le sujet au JT de France 2, Michel-Edouard Leclerc a répondu sans détour : « Ce n’est pas applicable ». Selon lui, plafonner les marges des distributeurs reviendrait à les pousser à vendre à perte — et « juridiquement, ce n’est pas applicable ».
Pour Michel-Edouard Leclerc, la discussion devrait se déplacer : plutôt que de viser les stations-service, il serait plus pertinent de s’attaquer aux acteurs en amont. Il estime que ce sont plutôt les marges des raffineurs qu’il faudrait plafonner, car « c’est là que se font les profits ».
Il élargit aussi le constat à un phénomène plus global : la financiarisation du marché des matières premières. Il évoque des intermédiaires comme les traders et les brokers, et affirme que cette mécanique lèse le consommateur final. Il souligne enfin un point clé : une partie de ces acteurs opèrent à l’étranger et n’entrent pas dans le cadre de la juridiction française, ce qui rend l’action directe difficile : « Résultat, on ne peut pas les taper. »
Questionné sur une solution immédiate, Michel-Edouard Leclerc propose une mesure temporaire : suspendre la taxe du certificat d’énergie (liée à la transition des énergies fossiles vers un plan d’électrification), une taxe qui finance notamment des actions de long terme.
Selon lui, cette taxe est imposée aux professionnels comme les distributeurs de carburant puis répercutée sur le prix à la pompe. Sa suspension momentannée pourrait, d’après ses mots, faire gagner entre 12 et 17 centimes par litre immédiatement.
Il insiste sur le fait qu’il s’agirait d’une simple suspension, le temps que la situation mondiale « revienne à la normale ». Il présente aussi un effet secondaire qu’il juge positif : cela éviterait de freiner autant la consommation de carburant, tout en permettant à l’État de continuer à percevoir de la TVA. Il précise enfin que plusieurs acteurs de la grande distribution seraient favorables à cette formule.
Entre plafonnement des marges en station (pour un gain annoncé de quelques centimes) et débat plus large sur les profits en amont et la financiarisation, une chose ressort : baisser le prix à la pompe n’est pas qu’une question de communication, c’est un sujet de mécanique économique et de leviers concrets. La suite dépendra surtout des mesures réellement activées — et de la capacité à agir là où se forment les marges.
Une baisse moyenne de cinq centimes par litre est évoquée, dans le meilleur des cas.
Parce que, selon lui, cela ferait vendre le carburant à perte et « juridiquement, ce n’est pas applicable ».
Elle pourrait faire gagner entre 12 et 17 centimes par litre si elle était suspendue momentanément.

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