
Après près de 90 ans de production automobile, le site Stellantis de Poissy s’apprête à tourner une page majeure : l’assemblage de véhicules y sera arrêté d’ici fin 2028. Pas de fermeture officielle annoncée, mais un vrai basculement industriel. De quoi mettre fin aux spéculations récurrentes sur un tout autre destin du site, comme l’idée d’un futur stade.
Ces derniers mois, plusieurs indices dessinaient un horizon tendu pour Poissy : pas de nouveau modèle annoncé après 2027, inquiétudes syndicales autour d’un possible déclin industriel, et même une mise à l’arrêt temporaire à l’automne 2025, dans un marché décrit comme en berne. En parallèle, les rumeurs autour d’un possible futur stade du Paris Saint-Germain sur le site, jamais confirmées, ont renforcé l’idée d’un désengagement progressif.
L’annonce faite lors d’un comité social et économique met un terme à cette période d’incertitude : Stellantis arrêtera purement et simplement l’assemblage de véhicules à Poissy d’ici fin 2028. Cela correspond à la fin de carrière des Opel Mokka et DS 3 actuellement produits sur place.
Pour autant, le site ne disparaît pas. Le groupe parle d’une transformation progressive vers d’autres activités industrielles, avec un investissement de 100 millions d’euros. Objectif affiché : maintenir environ 1 000 emplois à l’horizon 2030, contre près de 2 000 aujourd’hui. À noter aussi qu’en 2025, l’usine a encore assemblé près de 89 500 véhicules.
L’arrêt de la production automobile ne signifie donc pas la fermeture du site. Stellantis mise sur une reconversion industrielle vers des activités moins exposées aux variations de la demande en voitures. Concrètement, à Poissy, cela doit passer notamment par :
Le site doit aussi accueillir des activités liées à l’économie circulaire : lignes de déconstruction, valorisation de pièces, et opérations de transformation de véhicules. L’idée résume une tendance de fond : la production de masse laisse progressivement davantage de place à des activités de services, de maintenance et de recyclage.
Cette transformation reste toutefois pilotée par des contraintes économiques. L’assemblage, historiquement central, disparaît ici faute de volumes suffisants et de compétitivité face à d’autres sites européens ou extra-européens. Le coût du travail en France, régulièrement pointé par les industriels, ainsi que la baisse de la production nationale, pèsent sur ce type d’arbitrages.
Le cas de Poissy s’inscrit dans une dynamique plus large. En vingt ans, les effectifs de PSA Group (devenu Stellantis) ont été divisés par trois en France. Et la production automobile nationale est passée de 3,66 millions de véhicules en 2004 à environ 1,46 million en 2025 (utilitaires compris). Pendant ce temps, la filière a perdu des dizaines de milliers d’emplois, et le déficit commercial s’est creusé.
La concurrence de pays à coûts plus faibles, comme l’Espagne ou le Maroc — où Stellantis investit massivement — accentue cette tendance. Les petits modèles, autrefois produits dans l’Hexagone, ont progressivement été délocalisés. La fin de la production annoncée à Poissy illustre cette mutation : l’usine ne ferme pas, mais change complètement de fonction, au profit d’activités périphériques à l’assemblage.
Poissy ne va pas disparaître de la carte industrielle, mais l’arrêt programmé de l’assemblage marque un tournant : moins de production de voitures, plus de composants, de reconditionnement et de circularité. Une transformation discrète, mais lourde de sens, qui raconte l’avenir d’une partie de l’industrie automobile en France — et la façon dont elle cherche à se réinventer.
Stellantis prévoit d’arrêter l’assemblage de véhicules à Poissy d’ici fin 2028.
Les modèles concernés sont l’Opel Mokka et la DS 3, actuellement produits sur place.
Stellantis annonce un investissement de 100 millions d’euros pour la transformation progressive du site vers d’autres activités industrielles.
En filigrane de cette mue industrielle, l’accès à l’auto évolue aussi : via LOA/LLD, le rêve d’une Porsche 911 devient tangible, avec garanties et souplesse. Pour explorer ces voies, faites un détour par Joinsteer.

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