
Alors que le groupe Stellantis affiche la volonté de remonter la barre sur la qualité de ses produits, une annonce prend tout le monde à contre-pied : Opel va supprimer 650 postes d’ingénieurs sur son siège historique de Rüsselsheim, en Allemagne. Des emplois liés pour l’essentiel au développement des futurs modèles, mais aussi à des technologies partagées à l’échelle du groupe.
Le contraste est frappant. Stellantis a récemment annoncé des recrutements d’ingénieurs ailleurs, notamment 2 000 postes aux États-Unis et 700 en France. Dans le même temps, le groupe prépare à Rüsselsheim une réduction massive des effectifs : sur les 1 650 salariés du site, 650 postes d’ingénieurs doivent disparaître.
Rüsselsheim n’est pas un bureau annexe : c’est un lieu central de recherche et développement pour les futurs modèles Opel et Vauxhall, et un contributeur à la conception de solutions techniques destinées à l’ensemble du groupe.
Depuis son arrivée à la tête de Stellantis, Antonio Filosa assume vouloir rompre avec une logique précédente qui visait à réduire les coûts au maximum, notamment via la baisse des effectifs. Cette stratégie a laissé des traces, avec des campagnes de rappels à répétition autour de moteurs très diffusés dans le groupe, comme les 1.2 PureTech (et son remplaçant) et le 1.5 BlueHDi.
Ces mécaniques, présentes sous le capot de nombreux véhicules du groupe, ont contribué à une réputation dégradée qui pénalise encore certaines marques, dont Opel — notamment sur des modèles comme la Corsa et l’Astra. Dans ce contexte, supprimer des postes d’ingénieurs peut sembler paradoxal alors même que l’image du constructeur “aurait bien besoin d’être réhabilitée”.
Le groupe n’entre pas dans le détail des raisons, mais évoque un objectif : « renforcer la compétitivité de l’Allemagne ». Dans les faits, les 1 000 ingénieurs restants devraient se concentrer principalement sur la mise au point de technologies communes aux 14 marques du groupe.
Comme beaucoup de grands industriels, Stellantis pousse très loin les économies d’échelle. Opel conserve la main sur le design extérieur, mais une large partie de sa gamme est étroitement dérivée d’autres véhicules du groupe. C’est le cas d’utilitaires comme les Combo et Vivaro, mais aussi de SUV tels que les Mokka, Frontera et Grandland — et plus largement, de la plupart de la gamme actuelle.
Cette logique pourrait également s’étendre à de futurs modèles électriques, en s’appuyant cette fois sur Leapmotor, la filiale chinoise qui pourrait fournir des plateformes, notamment pour un futur SUV électrique.
En face, Stellantis annonce aussi une dynamique d’investissement en France : 120 millions d’euros doivent être engagés sur un autre site clé, l’usine de Sochaux, berceau de Peugeot.
Cette usine, l’une des plus importantes du groupe, affiche un rendement de plus de 1 000 véhicules par jour. Elle doit recevoir un nouvel atelier de peinture fonctionnant à l’électricité — et non plus au gaz — pour la cuisson finale. Objectif : réduire la consommation d’eau et les émissions polluantes.
Le site de Sochaux a déjà produit par le passé des modèles Opel, comme l’ancien Grandland X. Et surtout, il est annoncé comme « dynamisé » par 1 400 embauches, dont la moitié d’ingénieurs — un contraste net avec les suppressions de postes prévues à Rüsselsheim.
Entre coupes dans l’ingénierie à Rüsselsheim et investissements ailleurs, Stellantis semble redessiner la carte de ses priorités industrielles, avec une place grandissante accordée aux technologies mutualisées entre ses 14 marques. Reste une question en toile de fond : comment concilier réduction d’effectifs et ambition de remettre la qualité au centre ? Les prochains choix techniques et industriels du groupe diront si cette réorganisation prépare un rebond — ou un nouveau pari risqué.
Stellantis va supprimer 650 postes d’ingénieurs chez Opel sur le site de Rüsselsheim.
Le site de Rüsselsheim compte 1 650 salariés.
Stellantis annonce 120 millions d’euros d’investissement pour l’usine de Sochaux.

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