
Sur l’autoroute A11, près d’Angers (Maine-et-Loire), les gendarmes postés non loin de la sortie n°25 de La Chapelle-sur-Erdre repèrent un véhicule qui ne fait clairement pas dans la demi-mesure : 228 km/h au moment du contrôle, vers 22h.
Sans perdre de temps, l’Alpine A110 de la brigade d’intervention rapide se lance à la poursuite. Quelques kilomètres plus loin, la sportive française finit par rattraper la voiture flashée. Pas de fuite, pas de manœuvre hasardeuse : le conducteur se range calmement sur l’aire de repos indiquée par les forces de l’ordre.
Lorsque les gendarmes identifient la voiture, le tableau est clair : il s’agit d’une Porsche 911 GT3 bleue, annoncée à 510 chevaux, et capable d’atteindre 311 km/h. De quoi expliquer, au moins sur le papier, comment une vitesse aussi élevée a pu être atteinte.
Les militaires s’attendaient plutôt à voir sortir un conducteur profil « homme d’affaires pressé ». À la place, ils découvrent une très vieille dame au volant. Les gendarmes lui rappellent le motif de l’interception : 228 km/h, soit presque 130 km/h au-dessus de la vitesse autorisée, puis demandent les papiers du véhicule et une pièce d’identité.
Le Maréchal des Logis Chef Gilbert Hoaflaiché raconte avoir dû relire plusieurs fois la date de naissance : 17 janvier 1934. D’autant plus surprenant, selon lui, que la conductrice semblait alerte, fringante, et cherchait même à plaisanter.
La conductrice ne cherche pas d’excuse. Elle lâche simplement : « J’adore rouler vite ». Elle explique aussi avoir été mariée pendant des années à un homme passionné de voitures sportives, qui lui a transmis ce goût de la vitesse et de l’adrénaline.
L’identité de la femme reste anonyme. Il est seulement évoqué qu’il s’agirait d’une châtelaine, propriétaire d’un domaine dans la région, et que son époux décédé aurait fait fortune dans l’acier.
Si l’histoire peut prêter à sourire, les gendarmes rappellent que la suite est beaucoup moins amusante : un « gros » procès-verbal, un retrait de points, et surtout la Porsche envoyée en fourrière administrative. Privée de conduite au moins jusqu’à son jugement, la conductrice n’a plus qu’à attendre qu’un proche vienne la récupérer sur l’aire de repos.
Cette scène improbable rappelle une chose simple : peu importe l’âge ou la voiture, la route ne pardonne pas les excès. Et si la passion automobile traverse les générations, l’avenir de cette passion passera aussi par une responsabilité partagée derrière le volant.
228 km/h.
92 ans.
Une Alpine A110 de la brigade d’intervention rapide.

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