
La Fiat Panda, née en 2011, restera au catalogue jusqu’en 2030. Pour éviter toute confusion avec sa grande sœur, la Grande Panda, la Panda a été rebaptisée Fiat Pandina. Mais avec des ventes mondiales en baisse et une stratégie électrique qui n’a pas porté ses fruits, Fiat doit ajuster fortement sa trajectoire.
Le patron de Fiat, Olivier François (qui dirige aussi Abarth et DS Automobiles), a призн le constat : la marque s’est éloignée de son fil conducteur, celui des voitures accessibles. Les prix ont grimpé au fil des années, et Fiat veut désormais renouer avec des volumes importants grâce à une idée très claire : une citadine affichée sous la barre des 15 000 €, pensée comme la future remplaçante de la Pandina.
Fiat met aussi en avant une opération commerciale particulièrement agressive : une remise de 5 510 € sur la Pandina Hybrid. Résultat, la voiture peut être facturée 9 990 €. Le deal est tentant, mais il est encadré : il faut un véhicule à faire reprendre, destiné à partir à la casse, et l’offre correspond à une opération ponctuelle sur une édition limitée.
Si Fiat peut se permettre ce niveau de rabais, c’est parce que la Pandina est devenue très rentable : sa production, lancée en 2011, est depuis longtemps amortie.
Fiat a annoncé que la Pandina restera au catalogue jusqu’en 2030. Mais derrière l’annonce, la réalité ressemble plus à une stratégie contrainte qu’à une décision confortable : Fiat n’avait pas de plan B, et malgré l’arrivée de nouvelles normes sécuritaires GSR2 à l’été 2024, le modèle doit rester en vente.
Fiat a traversé une année difficile : les ventes ont baissé de 58 % (hors Amérique du Sud), région où la marque parvient à limiter la casse. En Europe, l’une des explications vient de la Fiat 500 née 100% électrique, qui n’a pas trouvé son public comme espéré : il a fallu la convertir à l’hybride pour relancer les ventes et soutenir l’activité de l’usine de Mirafiori. Un virage qui a demandé des investissements importants.
Dans le même temps, certains modèles comme la Grande Panda et le SUV 600 restent positionnés comme des voitures coûteuses, ce qui complique la quête de volumes.
Le Fiat 600, déjà passé par deux mises à jour importantes, doit accueillir une version plus accessible : un moteur essence 1.2 de 100 ch, associé à une boîte manuelle, sans hybridation. L’objectif est de ramener le prix du SUV à 22 000 €. Mais même avec cet effort, cela ne suffirait pas à relancer durablement la dynamique des ventes.
Pour tenir sa promesse d’une citadine sous les 15 000 €, Fiat compte s’appuyer sur une base technique issue de la nouvelle plateforme STLA Small — celle qui doit aussi servir à la future Peugeot 208 à l’été 2027 — mais dans une déclinaison plus dépouillée appelée STLA City, annoncée comme un châssis développé spécifiquement pour les citadines.
Le challenge est énorme : il faudra contenir les coûts tout en intégrant des technologies modernes et en respectant des normes de sécurité et d’émissions toujours plus exigeantes. D’autant qu’aujourd’hui, avec un cahier des charges comparable, les citadines actuelles coûtent au minimum 20 000 €. Peu de marques savent réussir ce grand écart, mais Fiat revendique une longue expérience sur ce terrain.
Fiat veut remettre au centre ce qui a longtemps fait sa force : des voitures simples et accessibles. Mais entre la pression des normes, l’exigence de technologies modernes et un marché où les petites voitures deviennent de plus en plus chères, promettre une citadine sous les 15 000 € relève du pari industriel. Un pari que Fiat juge indispensable : sa survie en dépend. Reste maintenant à voir jusqu’où la marque pourra pousser l’idée d’une voiture populaire, sans trahir les attentes d’aujourd’hui — et celles de demain.
La Fiat Pandina restera au catalogue jusqu’en 2030.
Fiat vise un prix catalogue situé sous la barre des 15 000 €.
Fiat annonce une baisse de 58 % des ventes, hors Amérique du Sud.

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