
Depuis des mois, une idée faisait vibrer la sphère auto: Lewis Hamilton rêverait d’une hypercar baptisée F44, clin d’œil moderne à la F40, avec un V12 atmosphérique et une boîte manuelle. Son arrivée tonitruante chez Ferrari et quelques confidences de paddock rendaient le scénario crédible. Mais des voix proches de Maranello changent la donne: le programme aurait été rangé au placard… voire n’aurait jamais été plus qu’un fantasme. Un coup dur dans une saison déjà électrique.

Quand Hamilton a laissé entendre en début d’année qu’il aimerait “concevoir une F44”, l’imaginaire collectif s’est emballé. L’équation donnait des frissons: base inspirée de la F40, gros V12 qui chante haut et fort, et levier de vitesses à l’ancienne. Soit l’exact opposé des hypercars actuelles, hybrides, downsizées et robotisées. À Maranello, un cliché du Britannique posé devant une F40 a renforcé l’idée qu’un échange avait eu lieu, même sans validation officielle de la marque. De quoi faire grimper l’attente.
Problème: Ferrari n’a jamais laissé filtrer le moindre signe. D’où l’ambiguïté initiale: la F44 relevait-elle d’un souhait personnel d’Hamilton, ensuite pris pour un projet en gestation? Les confidences récentes de Giorgio Terruzzi, très au fait des couloirs de Maranello, relancent le débat en éclairant… l’absence de dossier. Tout aurait surtout tenu à un récit amplifié.
Aucun programme industriel baptisé F44 n’a jamais été ouvert chez Ferrari : selon les sources italiennes proches de Maranello, il s’agissait d’un souhait personnel de Lewis Hamilton, jamais transformé en dossier validé par la direction produit.

Terruzzi assure toutefois qu’une promesse informelle aurait été faite au Britannique avant que l’initiative ne s’éteigne en interne. Plusieurs voix à Maranello diraient désormais que le sujet n’est plus à l’ordre du jour, ce qui aurait mis Hamilton hors de lui. Le journaliste évoque même une vraie colère du septuple champion, persuadé d’avoir reçu des garanties. Rien d’officiel, mais suffisamment d’éléments pour donner une nouvelle épaisseur à la rumeur au paddock et au-delà, médiatique aussi.
Des voix italiennes respectées, comme Pino Allievi, rappellent un point clé: à Maranello, les modèles “anniversaire” suivent une logique historique stricte. F40 pour les quarante ans, F50 pour les cinquante, Enzo pour honorer le fondateur. Dans ce cadre, imaginer une F44 — “44” comme le numéro fétiche d’Hamilton — tenait davantage du symbole communicationnel que d’un vrai processus industriel. Une hypercar numérotée pour saluer la star fraîchement arrivée? L’idée séduit, mais ne colle ni au calendrier produit ni à la culture maison. Même pensée, elle n’avait guère de chances d’aboutir. C’est une politesse narrative, pas une feuille de route concrète.
Le calendrier explique en grande partie l’enterrement du projet : la première saison de Lewis Hamilton chez Ferrari a été difficile sur le plan sportif, un contexte peu propice à l’annonce d’une série vitrine portée par son numéro fétiche.
Autre angle, le sportif: la première saison d’Hamilton chez Ferrari n’a rien d’un long fleuve tranquille. Entre sorties en qualif, résultats en berne et frustration affichée, le timing n’était pas idéal pour célébrer un “nouveau cycle” avec un projet vitrine comme la F44. Un tel symbole aurait semblé décalé par rapport au quotidien de la Scuderia. On comprend dès lors l’absence d’enthousiasme interne: priorité au retour de performance avant le storytelling, surtout quand la recrue star traverse une phase délicate et médiatiquement risquée aussi.
Alors, que voulait vraiment Hamilton? Une série ultra-limitée façon SP3 personnalisée paraît crédible. Une “F44” numérotée, beaucoup moins. Cette affaire dit surtout la zone grise entre storytelling, attentes d’un champion planétaire et réalités d’une marque obsédée par le contrôle de son image et de son industrie. De quoi nourrir les rêves… et, parfois, fabriquer des espoirs qui ne se concrétisent pas, pour autant. Toujours pas.
Chez Ferrari, un nom en « F + chiffre » n’est jamais choisi au hasard : il marque un anniversaire de la marque, pas un pilote. C’est la raison structurelle pour laquelle le sigle « 44 », numéro de course de Lewis Hamilton, ne pouvait pas s’inscrire dans la nomenclature maison.
Ferrari a été fondée en 1947. La logique des séries anniversaire se lit donc directement dans les dates de lancement des hypercars de Maranello, comme le rappelle le tableau ci-dessous.
| Modèle | Année de présentation | Logique du nom | Boîte |
|---|---|---|---|
| Ferrari F40 | 1987 | 40 ans de la marque | Manuelle |
| Ferrari F50 | 1995 | 50 ans de la marque | Manuelle |
| Ferrari Enzo | 2002 | Hommage au fondateur | Robotisée |
| Ferrari LaFerrari | 2013 | Hors série anniversaire | Robotisée |
| Ferrari F80 | 2024 | 80 ans de la marque (2027 en ligne de mire) | Robotisée |
| « Ferrari F44 » | — | Aucune : 44 renvoie à un pilote | — |
La lecture est immédiate : depuis la F40, seules deux voitures ont porté un chiffre lié à l’âge de Ferrari. Une hypercar numérotée d’après un pilote aurait rompu une règle vieille de près de quarante ans.
La boîte manuelle a disparu du catalogue Ferrari au début des années 2010, et aucune hypercar récente de Maranello n’a renoué avec le levier en H. C’est précisément ce qui rendait le scénario d’une F44 à trois pédales aussi séduisant que peu réaliste sur le plan industriel.
La marque n’a pas totalement fermé la porte au ressenti mécanique pour autant : elle explore d’autres voies, comme une commande de boîte manuelle pilotée électroniquement, un compromis qui divise déjà les puristes. Quant au V12 atmosphérique, il survit dans la gamme, notamment sur les séries spéciales comme la Daytona SP3 vendue aux enchères dans une configuration unique.
Oui, mais pas sous ce nom. Le scénario crédible reste celui d’une Icona ou d’un one-off personnalisé par le programme sur-mesure de Maranello, une pratique bien établie chez Ferrari et qui n’exige aucune entorse à la nomenclature.
Ce type d’exercice existe déjà dans des registres très différents, jusqu’aux carrosseries les plus inattendues — la preuve avec cette Ferrari 599 transformée en break de chasse. Pour qui veut passer du fantasme à un budget réel, il est possible de comparer les offres de leasing sur une Roma ou de regarder ce que donne une 296 en loyer mensuel.
Non. Aucune communication officielle de Ferrari n’a jamais confirmé l’existence d’un modèle F44. D’après les journalistes italiens proches de Maranello, le projet n’a pas dépassé le stade de l’idée évoquée par Lewis Hamilton.
Le 44 est le numéro de course que Lewis Hamilton porte en Formule 1. L’association vient de là, et non d’une logique de nomenclature Ferrari, qui réserve les noms en « F + chiffre » aux anniversaires de la marque.
Il n’existe pas de prix pour un modèle qui n’a jamais été produit ni annoncé. Toute estimation circulant en ligne relève de la spéculation, puisque ni la fiche technique ni le volume de production n’ont jamais été définis.
Non. Le V12 atmosphérique reste au catalogue, mais la boîte manuelle a été abandonnée au profit des transmissions à double embrayage. C’est cette combinaison V12 plus levier en H qui faisait tout le sel — et toute l’improbabilité — du projet imaginé.
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