Tesla

En Suède, un Supercharger Tesla au diesel finit saboté : quand l’écologie croise la colère sociale

En Suède, un Supercharger Tesla au diesel finit saboté : quand l’écologie croise la colère sociale

En Suède, la mobilité électrique est déjà bien installée… et ça crée une pression énorme sur les infrastructures de recharge, surtout quand beaucoup de gens prennent la route en même temps. Pour absorber l’affluence pendant les vacances d’hiver, Tesla a déployé un Supercharger provisoire sur la route E16. Problème : faute de raccordement au réseau électrique, la station a été alimentée par un groupe au diesel. Moins d’un mois plus tard, l’installation a été rendue inutilisable à la suite d’un sabotage.

Sabotage d’un Supercharger Tesla en Suède : les motivations ne sont pas uniquement écologiques
En Suède, un Supercharger provisoire de Tesla a été saboté, dans un contexte de fortes tensions sociales.

Un Supercharger “électrique”… alimenté au diesel

Le réseau de Superchargers évolue vite en Suède, mais ici, l’extension a pris une tournure paradoxale : faire rouler des voitures électriques grâce à du gazole. Tesla a choisi une solution provisoire, déjà observée dans d’autres zones isolées des réseaux électriques : alimenter la station via un générateur.

Pour limiter l’impact, le site est alimenté en HVO 100, un carburant produit à partir de graisses végétales ou animales, d’huiles usagées, ainsi que de déchets d’abattoirs traités par hydrogène. Sa production et son usage émettent moins d’émissions que le carburant classique. Mais même avec cet argument, la situation a visiblement mis quelqu’un hors de lui.

Un sabotage simple, efficace… et glacial

La méthode décrite est aussi basique que redoutable : les prises des bornes ont été plongées dans l’eau. Quand l’eau a gelé, le Supercharger est devenu inopérant.

Les prises d’un Supercharger Tesla sabotées en étant plongées dans l’eau, puis gelées
Les prises auraient été immergées, puis détruites lorsque l’eau a gelé.

Pourquoi ce n’est pas seulement une histoire d’écologie

Oui, l’usage de gazole (même de synthèse) pose question quand il sert à alimenter une infrastructure dédiée à l’électrique. Mais dans ce cas, les motivations du vandale sont explicitement ailleurs. Une pancarte laissée sur place l’illustre : « Non aux syndicats ? Non au fascisme et aux briseurs de grève. Elon, rentre chez toi. »

En Suède, le conflit social entre Tesla et ses employés s’enlise

Le sabotage s’inscrit dans un climat social explosif. Le contexte décrit est celui d’un affrontement tendu entre Tesla et ses employés en Suède, avec une grève qui dure depuis plus de deux ans. Dans le pays, le dialogue avec les syndicats fait partie des usages, mais l’entreprise est accusée de chercher à les contourner.

Le cœur du conflit : Tesla refuse de signer la convention collective du secteur. En Suède, il n’existe pas d’équivalent à un salaire minimum interprofessionnel : ce sont les conventions collectives de branche qui fixent les rémunérations minimales. Sur cette base, les syndicats — ici IF Metall — négocient salaires et conditions de travail avec les entreprises.

Tesla affirme proposer des rémunérations et des conditions au-dessus des minimums requis par la convention, ce que conteste IF Metall. Le rapport de force se poursuit : environ 70 salariés continuent la grève, alors qu’ils étaient 300 au lancement du mouvement en octobre 2023. Les salariés les plus touchés sont principalement ceux des ateliers.

Une mobilisation qui déborde : d’autres secteurs entrent dans la danse

Le conflit ne reste pas cantonné à Tesla. Des entreprises et des syndicats d’autres secteurs soutiennent le mouvement. Des sociétés de maintenance électrique refusent d’intervenir sur des Superchargers. Des dockers et des transporteurs ont bloqué des livraisons pendant un temps. Plus insolite : des concessionnaires n’ont, pendant un temps, plus reçu de plaques d’immatriculation.

En Suède, la contestation autour de Tesla dépasse l’entreprise et mobilise d’autres secteurs
La contestation en Suède est telle que d’autres secteurs ont mené des actions de soutien autour de Tesla.

IF Metall se désolidarise du sabotage, mais ne lâche rien

Le sabotage pourrait être l’œuvre d’un gréviste, mais le syndicat IF Metall, par la voix de son responsable presse Jesper Pettersson, se désolidarise de l’action. En clair : la méthode n’est pas cautionnée, mais le bras de fer continue.

Jesper Pettersson a résumé la situation ainsi : « Nous trouvons remarquable qu’au lieu de choisir la voie de la facilité et de signer une convention collective pour nos membres, on préfère recourir à tous les moyens possibles pour contourner la grève. »

Tesla recrute à l’étranger pour compenser la grève

Pour pallier le manque de personnel lié à la grève, Tesla a recruté de la main-d’œuvre à l’étranger. Cette main-d’œuvre travaillerait sans encadrement des conditions de rémunération et de travail, à la place des employés locaux. Une décision qui, selon le récit, ajoute encore de l’huile sur le feu dans un conflit dont l’issue paraît bloquée.

Conclusion

Ce Supercharger provisoire, alimenté au diesel puis saboté, raconte une histoire plus large qu’un simple fait divers : celle d’une transition électrique qui se heurte aux réalités du terrain… et d’une marque prise dans une confrontation sociale durable. La suite dépendra moins de la technologie que de la capacité des acteurs à sortir de l’impasse — parce qu’aucune infrastructure ne tient debout longtemps quand la tension monte partout autour.

Foire aux Questions

Pourquoi le Supercharger Tesla en Suède fonctionnait-il au diesel ?

Faute de pouvoir relier l’installation au réseau électrique, le Supercharger provisoire a été alimenté au diesel.

Comment le Supercharger Tesla a-t-il été saboté en Suède ?

Les prises des bornes ont été plongées dans de l’eau puis, lorsque celle-ci a gelé, le Supercharger est devenu inopérant.

Quel est le cœur du conflit entre Tesla et le syndicat IF Metall en Suède ?

Le conflit vient du refus catégorique de Tesla de signer la convention collective du secteur.

Dans ce climat, mieux vaut anticiper: le rêve d’un Volvo XC90 Recharge peut se concrétiser en LOA/LLD via le leasing flexible, garanties incluses, chez Joinsteer — simplicité en ligne, même quand la recharge fait débat.

Partager :
Abonnez-vous à notre newsletter

Recevez nos conseils d'expert pour choisir votre prochaine voiture !

De l'achat, à la revente, au financement, en passant par les derniers projets de loi automobile, Voiture Malin est la référence de l'info automobile

Thank you! Your submission has been received!
Oops! Something went wrong while submitting the form.
Mobile
Webflow IconBadge Text