
On pensait que c’était devenu une mécanique bien huilée : une supercar produite en série ultra limitée, une liste de clients triés sur le volet, et des prix qui décollent avant même que les clés ne soient remises. Ferrari et Porsche ont transformé cette recette en art… et beaucoup imaginaient que Lamborghini allait suivre la même trajectoire avec la Countach LPI 800-4, hommage moderne à une icône des années 70-80.
Sauf que, cette fois, la réalité des enchères a calmé les ardeurs. Et pas qu’un peu.
Avec seulement 112 exemplaires, tous réservés à une clientèle soigneusement sélectionnée, la Countach LPI 800-4 avait, sur le papier, tout pour devenir un collector quasi instantané.
La marque n’a pas communiqué sur le prix neuf, mais il était estimé à 2,2 millions d’euros avant personnalisation — et les options sont nombreuses. Dans les années qui ont suivi sa commercialisation, certaines Countach ont été affichées à des tarifs frôlant les 3 millions d’euros, dans la lignée des envolées déjà observées sur des séries très exclusives chez Ferrari ou Porsche.
Aujourd’hui, le vent semble tourner.
Un exemplaire de Countach LPI 800-4 proposé sur Bring a Trailer, un site de ventes très connu aux États-Unis, n’a tout simplement pas trouvé preneur. La meilleure enchère a atteint 2,2 millions de dollars, mais la vente ne s’est pas concrétisée.
Et ce n’est pas un cas isolé : le même exemplaire avait déjà changé de main sur la plateforme en septembre 2024 pour 2,5 millions de dollars, alors qu’il était affiché au départ à 2 836 528 dollars. De quoi donner une tendance claire : en moyenne, 300 000 dollars de décote par revente.
La baisse n’est d’ailleurs pas totalement nouvelle : en 2024, une enchère avait dépassé de justesse les 2 millions d’euros lors d’une vente aux enchères à Monaco.
Le plus surprenant, c’est l’état de l’auto. Elle est quasiment neuve : elle totalise à peine 142 miles (228 km) au compteur, soit seulement 57 miles de plus que lors de sa cession précédente.
Visiblement parfaite, elle peut néanmoins pâtir d’une configuration jugée un peu trop monochrome, avec une carrosserie, des jantes et une partie de l’habitacle dorés.
Elle a aussi une particularité rare : la baie moteur porte un croquis fait à la main par Mitja Borkert, responsable du design Lamborghini. Des membres des équipes de direction, de conception et de production ont également apposé leurs signatures.
Sur le fond, la Countach LPI 800-4 pourrait être boudée par certains collectionneurs — et donc par les spéculateurs — à cause d’un sentiment de déjà-vu. Malgré son look qui évoque son illustre aïeule, elle n’offrirait « rien de plus qu’une Aventador classique », tout en valant quatre fois plus cher.
Autrement dit : pour une partie du marché, l’hommage ne suffit pas si l’écart de prix paraît difficile à justifier.
La Countach du XXIe siècle est basée sur l’Aventador. Elle reprend le V12 poussé à 780 ch (comme sur l’Aventador LP 780-4 Ultimae). Ce V12 est secondé par une micro-hybridation apportant 34 ch supplémentaires.
Le système est décrit comme complexe, pour un gain de performance jugé faible. Malgré tout, avec une telle fiche technique et une production aussi limitée, le carnet de commandes s’est rempli sans difficulté.
Détail marquant : Marcello Gandini, le père de la Countach originale, a désapprouvé le projet. Créateur de lignes devenues iconiques (Miura, Bugatti EB110, Citroën BX…), il n’aurait pas été mis au courant immédiatement qu’un hommage à son œuvre allait être produit.
Quand il l’a appris, il a exprimé une vision très tranchée de son métier : chaque nouveau modèle devait être une innovation, une rupture, quelque chose de totalement différent du précédent, avec le courage de s’éloigner du succès d’hier.
La Countach LPI 800-4 coche toutes les cases du fantasme automobile moderne — rareté, puissance, storytelling — mais le marché rappelle qu’une légende ne garantit pas automatiquement une plus-value. Entre décote, enchères avortées et débat sur l’exclusivité réelle du modèle, l’histoire est en train d’écrire un chapitre inattendu.
Reste à voir si, avec le temps, cette Countach retrouvera son aura… ou si elle deviendra le symbole d’une époque où même les icônes ne font plus toujours sauter la banque.
112 exemplaires ont été produits.
Un V12 poussé à 780 ch, secondé par une micro-hybridation apportant 34 ch supplémentaires.
La meilleure enchère s’est élevée à 2,2 millions de dollars, mais la vente ne s’est pas concrétisée.
À la lumière de ces enchères hésitantes, et si l’on vivait le rêve plutôt que la spéculation? LOA/LLD sur mesure, du mythe Ferrari F40 aux GT modernes, garanties et achat à distance avec Joinsteer.

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