
Au premier regard, difficile de ne pas penser à une Ferrari : peinture éclatante, roues à rayons, courbes bien tendues et ce bossage sur le capot qui fait tout de suite “voiture de course”. Sauf que ce bolide n’est pas italien. C’est une création franco-française, avec une mécanique du même esprit. Et comme il s’agit d’un modèle unique, le vendeur en demande un prix qui fait lever un sourcil… 75 000 €. Oui, pour une Peugeot.
Sous l’aluminium formé à la main, on trouve une recette très “artisan course” : un châssis tubulaire, des trains roulants de Simca 8, et surtout une base connue côté moteur : une mécanique de Peugeot 203 sérieusement préparée. Sur le papier, c’est donc une très lointaine cousine d’une berline familiale… mais dans les faits, c’est une vraie machine pensée pour la compétition.
Le véhicule est conçu en 1954, d’abord sous la forme d’un coupé. À l’origine de ce projet : un concessionnaire automobile bordelais, Jacques Calès, qui l’engage au Grand Prix de Bordeaux la même année. Toujours en 1954, l’auto est recarrossée en barquette — la configuration la plus marquante, celle visible aujourd’hui.
La carrosserie en aluminium résulte d’un travail à plusieurs mains : Henri Rignault, qui se serait inspiré des travaux du styliste italien Pietro Frua, et Firmin Dura, présenté comme le carrossier attitré de la concession Peugeot de Dax (40). Détail intéressant : une bande noire centrale parcourait à l’origine le capot sur toute sa longueur.
Le cœur de la bête reste marqué par la préparation “à l’ancienne”, typique des années 1950. Le vendeur évoque notamment :
• Une culasse équipée de grosses soupapes
• Une pipe d’admission fournie par la marque Constantin
• Un carburateur Solex double-corps
Le bloc quatre cylindres est réalésé à 1 500 cm³ et afficherait 45 000 km. À l’intérieur, il reçoit quatre pistons Malhe. La respiration passe aussi par un élément très “course” : un échappement Darl’Mat qui sort latéralement sur le flanc droit, en amont de l’essieu arrière.
Côté sensations, le vendeur affirme que, une fois en marche, la sonorité du 4-cylindres est envoutante et que l’auto affiche un tempérament plutôt joueur. Il mentionne aussi un arrière très léger : le train postérieur ultra léger fait preuve d’agilité.
La boîte de vitesses provient elle aussi d’une Peugeot 203. Elle se commande au plancher avec une commande inversée : concrètement, la première est en bas à droite.
Enfin, cette auto est annoncée comme éligible aux courses de véhicules historiques. Et même si elle a un vrai pedigree et une vraie gueule de voiture de course, il y a des aventures pour lesquelles elle ne semble pas être l’outil idéal : pour un rallye de longue haleine, ce serait “sans doute un peu court”.
Avec son look de barquette italienne, sa carrosserie en aluminium façonnée à la main et sa base mécanique de Peugeot 203 sérieusement préparée, cette machine résume une époque où l’audace et le savoir-faire suffisaient à créer un objet totalement à part. Les projets uniques comme celui-ci rappellent qu’en automobile, l’avenir se construit aussi en redécouvrant les créations les plus rares du passé.
75 000 €.
1 500 cm³.
La commande est inversée : la première est en bas à droite.

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