
BYD, star mondiale de l’électrique, traverse un moment inhabituel : en 2025, le constructeur chinois affiche sa première baisse de bénéfice en quatre ans, alors même que son chiffre d’affaires continue de progresser. Dit comme ça, ça ressemble à un simple accroc. En réalité, c’est peut-être le symptôme d’un changement plus profond : sur son marché domestique, BYD voit sa domination se faire grignoter, pris en étau entre une guerre des prix, une concurrence qui se densifie et un environnement qui pousse l’industrie à calmer le jeu.
BYD clôt l’année 2025 avec un bénéfice net en baisse de 19 %, à 32,6 milliards de yuans (environ 4,1 milliards d’euros). Dans le même temps, le chiffre d’affaires progresse encore légèrement, de 3,5 %. Autrement dit : l’activité continue de croître, mais elle crée moins de valeur.
Le contraste est encore plus visible sur le quatrième trimestre : les revenus reculent de 14 % sur la période, tandis que le bénéfice tombe à 9,3 milliards de yuans (environ 1,2 milliard d’euros), en dessous des attentes des analystes. Les volumes restent élevés, mais la trajectoire n’est plus aussi linéaire qu’avant.
Le point le plus marquant n’est pas seulement la baisse du bénéfice : c’est la perte de vitesse en Chine. La part de marché de BYD recule nettement, passant de 33 % à 24,6 % au quatrième trimestre.
Derrière ce recul, il y a un contexte ultra-tendu : le marché chinois de l’électrique est devenu l’un des plus disputés au monde, avec une multiplication des marques et des modèles, et une pression constante sur les prix. Des remises allant jusqu’à 34 % ont été proposées sur certains modèles, alimentant une spirale qui rogne les marges de tout le secteur.
Le sujet est devenu tellement sensible que l’association chinoise des constructeurs automobiles a publiquement appelé à mettre fin à cette « rivalité nuisible ». Pour BYD, l’impact est concret : la marge recule à 17,7 % contre 19,4 % un an plus tôt.
Hors de Chine, l’histoire est différente : les performances à l’étranger prennent une autre dimension, parce qu’elles contrastent avec le ralentissement domestique.
En France, BYD progresse fortement en 2025 avec plus de 14 000 immatriculations (+145 %). En Europe, la marque affiche +272 %.
Mais il y a un détail clé : cette croissance repose en grande partie sur des modèles hybrides rechargeables, et pas uniquement sur des véhicules 100 % électriques. La marque gagne en visibilité, tout en restant encore marginale.
Face aux tensions, BYD appuie sur deux leviers.
Le groupe est désormais présent dans plus de 100 pays et continue d’investir en Europe, notamment sur le plan industriel. Une usine a récemment ouvert en Hongrie.
Le constructeur a aussi présenté une nouvelle batterie capable de récupérer une grande partie de sa charge en quelques minutes, avec l’objectif de relancer l’attractivité de ses modèles sur un marché de plus en plus sensible à l’innovation.
Reste une limite : ces avancées ne compenseront probablement pas, à elles seules, le ralentissement observé en Chine. Le marché domestique demeure central dans l’équation économique du groupe. BYD entre donc dans une nouvelle phase : moins portée par une croissance interne spectaculaire, davantage dépendante de sa capacité à se réinventer et à aller chercher ailleurs les marges qu’elle ne parvient plus à préserver chez elle.
BYD n’est pas en chute libre : les volumes restent élevés, l’expansion internationale est bien réelle et la stratégie technologique est offensive. Mais la baisse du bénéfice et le recul de la part de marché en Chine racontent une autre réalité : même les leaders doivent se battre quand le marché devient une arène. La suite dépendra de la capacité de BYD à transformer l’innovation et l’international en relais durables de rentabilité — et à redéfinir ce que signifie « dominer » dans un secteur qui change à toute vitesse.
Le bénéfice net de BYD baisse de 19 %, à 32,6 milliards de yuans (environ 4,1 milliards d’euros).
La part de marché de BYD en Chine passe de 33 % à 24,6 % au quatrième trimestre.
BYD est désormais présent dans plus de 100 pays.

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