
Pendant des décennies, une voiture vieillissait surtout à cause de sa mécanique. Aujourd’hui, avec les écrans, les services connectés et des systèmes embarqués de plus en plus complexes, un nouveau piège est apparu : l’obsolescence logicielle.
Le scénario est connu : une voiture encore parfaitement roulante, mais bloquée sur une version vieillissante, plus exposée aux failles de sécurité, ou privée de nouvelles fonctions. Pour éviter que le logiciel ne devienne le maillon faible, Google et Qualcomm annoncent un partenariat qui vise à rallonger radicalement la durée de vie numérique des véhicules.
Google et Qualcomm officialisent un accord autour d’Android Automotive OS. L’objectif annoncé : garantir jusqu’à 10 ans de mises à jour logicielles, comprenant des correctifs de sécurité, des évolutions du système et de nouvelles fonctions, sur les véhicules équipés des plateformes Snapdragon Cockpit.
Techniquement, cette approche s’appuie sur une transposition du Projet Treble, déjà utilisé sur Android pour smartphones. L’idée : séparer la couche logicielle Android du matériel, afin que le système puisse évoluer sans exiger une refonte complète du hardware.
Appliqué à l’automobile, ce modèle doit permettre à un même véhicule de traverser quatre générations de plateformes Snapdragon, couvrant plus de 14 systèmes sur puce (SoC), tout en restant à jour.
Côté constructeurs, la promesse est double : moins de fragmentation logicielle et une route plus claire sur une décennie pour les mises à jour critiques. L’enjeu, c’est de réduire la complexité (et donc les coûts d’ingénierie) qui explosent quand chaque génération de matériel impose une réécriture massive.
Pour Qualcomm, dont le Snapdragon Digital Chassis équipe déjà plus de 400 millions de véhicules dans le monde, l’intérêt est tout aussi évident : faire évoluer en continu les interfaces, la navigation et les assistants vocaux, sans rendre le matériel obsolète.
Pour les conducteurs, l’impact peut être très concret. Jusqu’ici, un système multimédia pouvait se retrouver dépassé après cinq ou six ans, bien avant la fin de vie du véhicule.
Dans le même temps, l’Observatoire national interministériel de la sécurité routière (ONISR) indique qu’un automobiliste conserve sa voiture en moyenne cinq ans. Avec une prise en charge pouvant aller jusqu’à 10 ans, l’écran central, la navigation et les fonctions connectées pourraient rester actuels pendant toute la durée de possession, voire au-delà.
Les modèles déjà équipés d’Android Automotive (comme chez Renault, Volvo, Polestar ou Cadillac) sont directement concernés. Le texte précise aussi que les voitures utilisant un noyau Android sans les services Google devraient normalement en bénéficier également (par exemple chez Porsche ou BMW).
Au-delà des nouvelles fonctions, l’enjeu clé reste la sécurité : des mises à jour prolongées doivent permettre des correctifs essentiels, tout en prolongeant la compatibilité avec les services Google. La voiture se rapproche alors d’un objet numérique évolutif, plutôt que d’un système figé au jour de sa sortie d’usine.
Qualcomm profite de l’annonce pour dévoiler Snapdragon vSoC : une plateforme virtuelle hébergée sur Google Cloud, destinée à permettre aux ingénieurs de développer, tester et valider des logiciels automobiles sans prototype physique.
Depuis un navigateur, il devient possible de simuler le comportement réel des SoC embarqués avec un niveau de fidélité élevé. Objectif annoncé : accélérer les cycles de développement des cockpits numériques, des tableaux de bord numériques (clusters) et des mises à jour OTA dites “granulaires”, c’est-à-dire ciblées sur une fonction précise.
Autre volet majeur : l’intégration de Gemini, l’IA générative de Google. Là où les assistants vocaux classiques se limitent souvent à exécuter des commandes, Gemini est présentée comme une IA multimodale, capable de traiter la voix, la vision et le contexte.
Elle peut analyser simultanément la météo, le trafic, l’agenda du conducteur, ou même des signaux de fatigue, afin de proposer des actions proactives ou de prendre le relais dans certaines situations.
Côté architecture, Google mise sur un modèle hybride : une partie du traitement est réalisée directement dans le véhicule (pour la réactivité et la confidentialité), tandis que le cloud est mobilisé pour les tâches plus lourdes. L’IA est appelée à devenir un élément central de l’expérience à bord, plutôt qu’un simple gadget vocal.
Cette vision est illustrée par la Leapmotor D19, montrée avec une puce Snapdragon Elite. Dans ce véhicule, un seul calculateur pilote à la fois le cockpit (jusqu’à huit écrans 4K), des fonctions de conduite assistée (13 caméras, radars et LiDAR) et des équipements de confort comme l’éclairage ou les sièges.
Derrière l’annonce, l’ambition est plus large : poser les bases d’une plateforme de référence pour les Software Defined Vehicles (SDV). Snapdragon Cockpit est annoncé comme aligné sur la feuille de route d’Android Automotive, avec un support dès Android 17.
Le système est pensé pour gérer plusieurs domaines du véhicule, permettre des mises à jour OTA fines, s’appuyer sur le cloud, et exploiter la télémétrie et l’IA pour améliorer les services tout au long du cycle de vie. En filigrane, Qualcomm veut offrir aux constructeurs traditionnels une trajectoire proche de ce que Tesla maîtrise déjà : matériel évolutif, logiciel centralisé, et mises à jour continues.
En promettant une prise en charge longue durée, Google et Qualcomm s’attaquent à un problème qui pouvait faire vieillir une voiture plus vite par son logiciel que par sa mécanique. Si cette logique se généralise, l’expérience à bord pourrait enfin évoluer dans le temps au lieu de se dégrader, et la voiture connectée pourrait entrer dans une ère où durer signifie aussi rester à jour.
Jusqu’à 10 ans de mises à jour logicielles, incluant correctifs de sécurité, évolutions du système et nouvelles fonctions.
Sur les véhicules équipés des plateformes Snapdragon Cockpit.
Séparer la couche logicielle Android du matériel pour permettre au système d’évoluer sans refonte complète du hardware.
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