Mobilité verte

Stellantis change de camp pour ses crédits CO₂ : cap sur Leapmotor (et sur un modèle plus “maison”)

Stellantis change de camp pour ses crédits CO₂ : cap sur Leapmotor (et sur un modèle plus “maison”)

En quittant le « pool CO2 » de Tesla, Stellantis ne renonce pas à acheter des crédits carbone. Le groupe va désormais se tourner vers Leapmotor, dont il détient environ 20 %. Ce n’est pas qu’un changement de nom sur une facture : c’est le signe d’une stratégie plus intégrée, où une partie des crédits provient désormais d’un acteur qui gravite déjà dans l’orbite du groupe.

Stellantis quitte Tesla pour acheter des crédits CO₂ à Leapmotor
Stellantis ne passe plus par Tesla et achète des crédits CO₂ à Leapmotor : une bascule stratégique vers un système plus intégré.

Pourquoi Stellantis achète encore des crédits CO₂

Pendant des années, Stellantis achetait ses crédits CO₂ à Tesla via un mécanisme de « pooling » entre constructeurs. Le principe est simple : en Europe, les constructeurs doivent respecter un niveau moyen d’émissions de CO₂ sur l’ensemble de leurs ventes. Ceux qui dépassent les seuils peuvent compenser en achetant des crédits à d’autres acteurs — souvent des fabricants de véhicules électriques — qui disposent d’un excédent.

Ce marché parallèle évite des pénalités financières qui peuvent être lourdes. Et même si l’interlocuteur change, la logique reste la même : Stellantis cherche à se conformer aux exigences européennes sur les émissions.

Des montants qui grimpent fortement

Logo de Leapmotor
Leapmotor pourrait tirer des revenus importants de la vente de crédits CO₂ à Stellantis.

Dans le cas de Stellantis, on ne parle pas de petites enveloppes. Leapmotor évoque jusqu’à 2,8 milliards de yuans — environ 350 millions d’euros — en 2026, contre 1,1 milliard de yuans (138 millions d’euros) l’année précédente. Ces montants correspondent aux revenus que le constructeur chinois pourrait tirer de la vente de crédits CO₂ à Stellantis, et la hausse s’explique notamment par l’augmentation des ventes électriques de Leapmotor en Europe.

Ce qui change vraiment : des crédits qui viennent de l’écosystème Stellantis

La grosse différence, c’est l’origine des crédits. Tesla était un acteur externe. Leapmotor, lui, fait désormais partie de l’écosystème de Stellantis : le groupe détient environ 20 % du constructeur chinois et a mis en place une coentreprise dédiée à son développement international.

Concrètement, les crédits achetés correspondent aux véhicules électriques et à prolongateur d’autonomie vendus par Leapmotor en Europe et au Royaume-Uni. Autrement dit, ces crédits proviennent d’une activité que Stellantis contribue indirectement à développer, à la fois via son investissement et via son réseau commercial.

Une intégration industrielle qui renforce l’idée d’un “circuit” plus fermé

Le pool Tesla continue de regrouper plusieurs marques malgré le départ de Stellantis
Même sans Stellantis, le pool de Tesla continue de rassembler plusieurs constructeurs.

À ce virage financier s’ajoute un signal industriel : Leapmotor prévoit de produire certains modèles en Espagne à partir de 2026, possiblement dans une usine Stellantis. Cette intégration progressive renforce l’idée d’un circuit de plus en plus fermé, où les flux liés aux crédits carbone restent — au moins en partie — dans la même sphère.

Mais attention au raccourci : il ne s’agit pas d’une autocertification. Les crédits restent encadrés par la réglementation européenne et doivent correspondre à des ventes réelles de véhicules à faibles émissions. On ne peut donc pas dire que Stellantis « crée » ses propres crédits ; en revanche, le groupe en sécurise l’origine en s’appuyant sur un partenaire qu’il contrôle en partie.

Ce que ça raconte du système des crédits CO₂ en Europe

Ce passage d’un fournisseur à un autre met en lumière une tendance plus large : le marché des crédits CO₂ entre constructeurs, initialement pensé comme un mécanisme d’ajustement, ressemble de plus en plus à un levier stratégique.

Hier, plusieurs groupes européens dépendaient de Tesla. Aujourd’hui, la dépendance se diversifie, notamment vers des acteurs chinois en forte croissance comme Leapmotor. Et surtout, électrifier ses ventes ne suffit pas toujours : le respect des objectifs dépend du mix global de véhicules vendus, ce qui rend ces crédits indispensables, y compris pour des constructeurs très engagés dans l’électrique.

Dans ce contexte, Stellantis ne fait pas que changer de partenaire : il réduit sa dépendance à un acteur externe et reprend une partie du contrôle sur l’origine de ses crédits, sans remettre en cause un système qui, pour l’instant, compense davantage qu’il ne transforme.

Conclusion

Le choix de Leapmotor marque une nouvelle étape : Stellantis reste dans la logique des crédits CO₂, mais cherche à les ancrer dans un écosystème qu’il influence déjà. Reste à voir jusqu’où ce modèle « intégré » va se généraliser en Europe, et comment il accompagnera — ou ralentira — la transformation du marché vers des ventes réellement moins émettrices.

Foire aux Questions

À qui Stellantis achètera-t-il des crédits carbone au lieu de Tesla ?

Stellantis achètera des crédits carbone à Leapmotor, son partenaire chinois dont il détient environ 20 %.

Quel montant Leapmotor évoque-t-il pour la vente de crédits CO₂ à Stellantis en 2026 ?

Leapmotor évoque jusqu’à 2,8 milliards de yuans, soit environ 350 millions d’euros.

D’où viennent les crédits CO₂ achetés par Stellantis via Leapmotor ?

Ils correspondent aux véhicules électriques et à prolongateur d’autonomie vendus par Leapmotor en Europe et au Royaume-Uni.

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