
Après une grosse évolution en début d’année, le contrôle technique automobile se dote d’une nouvelle étape. Désormais, votre procès-verbal peut afficher beaucoup plus de campagnes de rappel qu’auparavant, et plus seulement celles liées au dossier des airbags Takata dangereux.
La bonne nouvelle, c’est que cette nouveauté vise surtout à vous informer, pas à multiplier les contre-visites. L’idée, c’est de rendre visibles des rappels qui, dans la vraie vie, passent encore trop souvent à travers les mailles du filet.
Depuis le début de l’année, le contrôle technique a intégré une mesure particulièrement marquante : une contre-visite pour « défaillance critique » peut être infligée aux véhicules concernés par un rappel de type « stop drive » qui n’a pas encore été effectué.
Dans ce cas précis, le principe est radical : les propriétaires doivent cesser de rouler dès le soir même, à minuit, tant que le véhicule n’a pas été corrigé. Cette mesure est entrée en vigueur depuis le 1er janvier.
Mais ce changement devait s’accompagner d’une autre nouveauté, plus discrète — et c’est elle qui arrive maintenant.
Depuis le 1er juin 2026, les campagnes de rappel sans lien avec Takata peuvent elles aussi apparaître sur le procès-verbal du contrôle technique, y compris lorsqu’elles vous laissent la possibilité de continuer à circuler.
Concrètement, certaines informations de rappel sont imprimées sur le document :
Le motif du rappel de manière simplifiée (par exemple : freinage, direction, etc.) et le numéro de référence du rappel.
D’après Rémi Courant, Directeur Technique et Qualité de Dekra Automotive, l’intégration est automatisée : « Sont imprimés sur le PV le motif du rappel de manière simplifiée (ex : freinage, direction, etc) ainsi que le numéro de référence du rappel ». Il précise aussi qu’il n’y a « pas de changement particulier » côté centres, car les outils informatiques étaient déjà prévus pour, et que l’impression se fait automatiquement.
Cette automatisation totale n’a pas que des avantages. Depuis le début de l’année, certains automobilistes disent avoir été recalés alors qu’ils avaient bien fait changer leurs airbags.
En cause : une communication parfois imparfaite entre l’Organisme technique central (OTC), qui centralise les données liées au contrôle technique, et les constructeurs automobiles, qui restent seuls gestionnaires des rappels.
Mais dans la grande majorité des cas, cette nouvelle mention des rappels sur le procès-verbal ne devrait pas vous exposer à une immobilisation « injuste ». Les textes déposés par le Gouvernement indiquent clairement que seules les opérations de type « stop drive », avec ordre de cesser immédiatement de circuler, peuvent conduire à une contre-visite — et elles restent marginales en dehors du dossier Takata.
Le but principal est simple : rendre visibles des actions de retour en atelier qui ne sont parfois jamais réalisées.
Pourquoi certains rappels ne sont-ils pas faits ? Le texte met en avant plusieurs raisons :
Parfois, le propriétaire n’a jamais été prévenu, notamment si l’adresse sur la carte grise n’est pas à jour.
Et parfois, c’est un choix : certains automobilistes ne vont pas au garage par manque de temps ou par crainte que leur véhicule fonctionne moins bien après.
Pour ces profils, voir un rappel apparaître sur le contrôle technique ne changera peut-être pas grand-chose au quotidien. En revanche, au moment de revendre, un rappel non effectué affiché sur le procès-verbal pourrait refroidir des acheteurs.
Le Syndicat National du Contrôle Technique Automobile (SNCTA) estime « nécessaire que le ministère de l’intérieur mette en place des mesures contraignantes obligeant les usagers à se rendre dans les centres de contrôle » pour y faire leur contrôle technique.
D’après l’organisme, sans mesures plus fermes, cette extension des campagnes de rappel pourrait être perçue comme une « fumisterie ». Le SNCTA met aussi en avant un problème de fond : une part importante d’automobilistes tend à boycotter le contrôle technique, en invoquant souvent des raisons budgétaires.
Le SNCTA dit aussi rester « vigilant » sur la mise en œuvre du dispositif, et sur la gestion des anomalies qui pourraient apparaître entre l’OTC et les constructeurs.
Et il demande à l’État d’aller plus loin : le syndicat voudrait que le site officiel Histovec, qui permet de contrôler l’historique d’un véhicule, intègre « la date de première déclaration en procédure de rappel ».
L’objectif serait d’en faire un outil puissant et indépendant des constructeurs, alors que tous ne proposent pas encore des sites dédiés pour vérifier les actions de retour en atelier.
Avec l’affichage élargi des rappels sur le procès-verbal, le contrôle technique se transforme en panneau d’alerte plus lisible : pas forcément pour sanctionner davantage, mais pour limiter les angles morts. Le vrai défi, maintenant, sera de fiabiliser les échanges de données et de faire en sorte que l’info se traduise plus souvent en passage au garage. Et si des outils comme Histovec évoluent, la transparence autour de la sécurité pourrait bien franchir un cap.
Depuis le 1er juin 2026, des campagnes de rappel sans lien avec Takata peuvent apparaître sur le procès-verbal de contrôle technique, y compris quand elles laissent la possibilité de continuer à circuler.
Le procès-verbal peut afficher le motif du rappel de manière simplifiée (ex. : freinage, direction) ainsi que le numéro de référence du rappel.
Seules les opérations de type « stop drive », avec ordre de cesser immédiatement de circuler, peuvent donner lieu à une contre-visite.

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