
Pourquoi Chrysler envisagerait de transformer son grand monospace familial en machine à escapades, avec pneus à crampons et équipement de camping ? Sur le papier, l’idée ressemble à un mix improbable. Pourtant, quand une marque n’a quasiment plus qu’un seul modèle pour exister, chaque variante peut devenir une bouée de sauvetage.
Avant que les SUV ne s’imposent partout, certains constructeurs ont tenté un pari : le monospace déguisé en baroudeur. L’idée était simple : attirer les fans d’activités outdoor et de week-ends “hors des sentiers battus”, même si l’usage tout-terrain restait occasionnel. Souvent, c’était aussi une manière de combler l’absence de vrais SUV dans la gamme.
On a vu apparaître des modèles comme les Renault Scénic RX4, Conquest et XMOD, ou encore, côté groupe Volkswagen, les Seat Altea Freetrack et Volkswagen Cross Touran. Mais cette “espèce” automobile a fini par disparaître il y a près de dix ans.
C’est dans ce contexte que Chrysler, marque du groupe Stellantis, envisage très sérieusement de commercialiser le concept car Pacifica Grizzly Peak. Ce modèle joue à fond la carte du baroudeur familial, avec une transmission intégrale associée au moteur 3.6 V6 de 287 ch.
Le look et l’équipement suivent le cahier des charges : pneus à crampons, garde au sol rehaussée, boucliers et bas de caisse en gris mat. Sur le toit, on trouve une galerie avec une roue de secours sanglée “à l’ancienne”, ainsi que des plaques de désensablement et un store qui se déploie sur le flanc gauche.
Et ce n’est pas qu’un délire esthétique : sous ce store, une petite installation de camping apparaît (table, réchaud, glacière, transats). À bord, sans aller jusqu’à un vrai couchage façon pack dédié, une paire de sacs de couchage est simplement installée au troisième rang pour suggérer une vanlife accessible. Au final, l’ensemble donne l’impression d’un projet ambitieux dans l’intention, mais pas forcément ruineux à mettre en œuvre.
Si Chrysler se lance dans ce projet de monospace baroudeur avec un clin d’œil à la vanlife, la raison est brutale : la marque n’a pas vraiment d’autre choix. Sur son seul territoire, le marché américain, le constructeur n’a plus qu’un modèle au catalogue : le Voyager/Pacifica. Le Pacifica est présenté comme une variante plus haut de gamme du Voyager.
Malgré tout, ce modèle a encore du poids : 125 798 clients l’ont choisi l’an dernier aux États-Unis, sur un marché totalisant 16,3 millions de véhicules. Dans ce contexte, dire que Stellantis n’investit plus vraiment dans Chrysler est un euphémisme.
Les concepts cars électriques Chrysler Airflow (datant de 2020) et le concept Chrysler Halcyon (présenté au salon de Los Angeles en 2024) n’ont pas réellement convaincu. Résultat : pour rester visible, Chrysler semble obligé de faire feu de tout bois autour de son monospace phare.
Le Pacifica Grizzly Peak raconte une chose très simple : quand une marque vit avec un catalogue réduit au strict minimum, la moindre variation devient stratégique. Reste à voir si ce mélange monospace, baroudeur et esprit vanlife peut redonner de l’élan à Chrysler, ou si ce n’est qu’un dernier sursaut avant une nouvelle page. Une certitude : l’avenir se jouera sur la capacité à se réinventer, vite, et avec une idée qui accroche vraiment le public.
Le Chrysler Pacifica Grizzly Peak est associé à un moteur 3.6 V6 de 287 ch, avec une transmission intégrale.
Le seul territoire mentionné pour Chrysler est le marché américain.
Le Voyager/Pacifica a séduit 125 798 clients l’an dernier aux États-Unis.

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